Bruxelles, 23/10/2003 (Agence Europe) - L'Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) de Lisbonne a publié le 22 octobre deux rapports: 1) Rapport annuel 2003: état du phénomène de la drogue dans l'UE et en Norvège: ce rapport traite de la consommation de drogues et d'alcool chez les jeunes, de l'exclusion sociale et la réinsertion, des dépenses publiques dans le domaine de la réduction de la demande de drogue. 2) Rapport annuel 2003: état du phénomène de la drogue dans les pays adhérents et les pays candidats: ce rapport examine la consommation de drogues et d'alcool chez les jeunes, les maladies infectieuses liées à la drogue, les stratégies nationales en matière de drogues (Site: http: //http://www.emcdda.eu.int ).
Lors du lancement du deuxième rapport mercredi à Strasbourg, Georges Estievenart, directeur de l'OEDT, a mis en exergue les inquiétudes que l'élargissement de l'UE suscite auprès du public. Il a cité en particulier l'augmentation du trafic de drogue, l'intensification de la toxicomanie dans les nouveaux Etats membres et la propagation des maladies infectieuses. Cependant, a-t-il ajouté, l'élargissement donnera aussi aux pays la possibilité de participer pleinement à l'élaboration de solutions concertées et coordonnées grâce à une coopération accrue.
Un communiqué de l'OEDT indique que les maladies infectieuses sont une priorité pour les mesures en matière de santé publique. La séropositivité est un problème potentiel grave dans les pays d'Europe centrale et de l'Est (ainsi, il y a eu des augmentations récentes et soudaines d'infection par le VIH parmi les usagers de drogue par voie d'infection intraveineuse en Estonie et Lettonie, par exemple), les hépatites B et C présentent des taux élevés dans la plupart des pays (essentiellement en Bulgarie, Estonie, Lettonie et Lituanie) et la réduction des dommages liés à la toxicomanie (particulièrement des maladies infectieuses et des surdoses mortelles) est insuffisante.
Quant aux stratégies anti-drogues des futurs Etats membres, il ressort du rapport que la législation anti-drogue de la plupart de ces pays tend vers la criminalisation de la détention de drogues pour usage personnel et/ou la consommation de drogue en tant que telle. Ces mesures, souligne l'OEDT, sont en contraste avec les modifications apportées récemment à la législation anti-drogue par certains pays de l'UE, qui ont abordé la question de manière très différente. Le rapport observe encore la nécessité d'un soutien politique et financier et d'une évaluation scientifique des résultats pour améliorer l'efficacité des stratégies nationales anti-drogue. Le rapport souligne la nécessité que ces pays investissent dans des systèmes de surveillance et de notification permettant de mieux comprendre le phénomène ou de suivre son évolution dans le temps, conclut l'OEDT (Infos: http: //http://www.emcdda.eu/int ).