login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8571
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/russie

Le prochain Sommet avec la Russie suscite de fortes attentes du côté européen mais le chemin est encore semé d'embûches, reconnaît Chris Patten qui, comme de nombreux députés, s'inquiète des développements en Tchétchénie

Strasbourg, 23/10/2003 (Agence Europe) - En vue du Sommet UE/Russie du 6 novembre à Rome, les députés européens ont évoqué avec la Commission et le Conseil les principaux enjeux des relations avec Moscou.

Le Président du Conseil Franco Frattini, qui sera le 28 octobre à Moscou avec le Troïka UE pour préparer le Sommet, a indiqué que la Présidence souhaitait assurer le suivi de la déclaration de Saint-Pétersbourg du 31 mai dernier "pour donner contenu et consistance au partenariat privilégié que nous entendons développer avec la Russie", en concrétisant les "espaces communs" annoncés dans cette déclaration. Concernant l'espace économique commun, la Présidence attend la conclusion de la réunion du groupe de haut niveau du 28 octobre. Nous espérons atteindre un plus grand niveau d'intégration de nos économies, a dit le ministre italien des Affaires étrangères. Quant à l'espace commun de sécurité intérieure, M. Frattini a noté que le " niveau de collaboration est satisfaisant, en particulier dans le cadre du plan d'action pour la lutte contre la criminalité organisée". Il faut "absolument intensifier notre travail" en vue de créer un espace commun en matière de culture et d'éducation, a-t-il aussi affirmé. La crise en Tchétchénie aura des répercussions sur tout le Caucase, a craint M. Frattini et, tout en saluant les efforts de Moscou, ces derniers mois, pour aller vers une normalisation progressive de l'activité politique et administrative dans cette république, il a avoué les "perplexités" de la Présidence "face à certains événements liés aux élections" en Tchétchénie. A l'avenir, l'UE se réserve d'user d'un droit de "critique constructive" vis-à-vis de Moscou, a-t-il assuré. Lors du Sommet, a ajouté le ministre, nous ferons pression afin que le représentant de Médecins Sans Frontières Arjan Erkel, enlevé au Caucase en août 2002, soit relâché "rapidement en bonnes conditions". En outre, l'UE et la Russie devraient multiplier leurs efforts pour favoriser une solution rapide des conflits sur le territoire de l'ex-Union soviétique- en Transnistrie, Moldova, Abkhazie, Haut-Karabakh et Ossétie du sud.

Tous "ces résultats seront peut-être difficiles à atteindre, et c'est un euphémisme, car le chemin est semé d'embûches", a reconnu le Commissaire Chris Patten, qui attend en particulier que ce Sommet discute des thèmes suivants: - effets de l'élargissement: "il est dans l'intérêt de Moscou que l' accord de partenariat et de coopération UE/Russie s'applique de la meilleure façon possible aux nouveaux Etats membres, sans discriminations", a expliqué M. Patten, en précisant qu'il s'agit certes d'une formalité, qui devra être achevée dès le 1er mai 2004; - évolution de l'espace économique commun et dialogue énergétique; - défis communs à relever par l'UE et la Russie: Protocole de Kyoto (nous demanderons à la Russie de le ratifier le plus rapidement possible), coopération en matière de sécurité nucléaire et maritime et de lutte contre le terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive; - coopération en matière de sécurité, y compris la gestion des crises: "l'UE attend un signe positif de la Russie pour résoudre le problème de la Moldova et de la Transnistrie", a ajouté M. Patten. Au sujet de la Tchétchénie, M. Patten a reconnu que l'organisation des récentes élections à suscité un grand nombre de questions, et il a assuré: "Il faut être clair: nous condamnons le terrorisme sous toutes ses formes et nous reconnaissons l'intégrité territoriale de la Russie, mais, parallèlement, nous insistons aussi pour que les droits de l'homme soient respectés".

Lors du débat, le Finlandais Ilkka Suominen (PPE-DE) a rappelé l'importance de la Russie pour l'UE (notamment en vue de remplacer les ressources énergétiques de la mer du Nord - qui s'épuisent - et ne pas dépendre des ressources du Proche et du Moyen-Orient). Il faut aider la Russie à relancer son activité économique, sinon elle devient un risque de sécurité car elle possède des armes nucléaires, a-t-il averti. Quant à la Tchétchénie, il a, comme Chris Patten, reconnu que les élections et le référendum "ne nous ont pas convaincus (...). Il y a « une démocratie fictive qui est mise en place et qui vise à cacher la réalité sur le terrain". Selon lui, M. Frattini est un peu trop optimiste, alors que les propos de M. Patten correspondent davantage à la réalité. Pour le Finlandais Reino Paasilinna (PSE ), les relations économiques entre l'UE et la Russie n'ont pas suffisamment évolué, et pour un autre Finlandais, Paavo Väyrynen (ELDR), le projet le plus important est la création d'un espace économique commun UE/Russie. Le Vert belge Bart Staes s'est montré très déçu des propos de M.Frattini sur la Tchétchénie. Les récentes élections étaient une "mascarade", s'est-il indigné, en demandant l'organisation d'une conférence pour la paix en Tchétchénie.

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES