Bruxelles, 11/09/2003 (Agence Europe) - Le décès, jeudi matin, de la ministre suédoise des Affaires étrangères, Anna Lindh, a profondément choqué l'ensemble des responsables européens. Agée de 46 ans et mère de deux enfants, Mme Lindh n'aura survécu que quelques heures à l'agression dont elle a été victime, mercredi après-midi dans un grand magasin de Stockholm.
« Moi personnellement et tous les membres du Parlement européen, nous adressons nos plus sincères condoléances à la famille d'Anna Lindh, à ses innombrables amis et collègues et au peuple suédois. Tous ceux qui l'ont rencontrée ont connu et apprécié ses exceptionnelles qualités de coeur, d'intelligence et d'ouverture d'esprit: Anna Lindh était une figure exemplaire de la politique européenne », a déclaré le président Pat Cox en visite officielle en Estonie. A la déclaration du président du Parlement européen se sont ajoutés de nombreux messages de condoléances comme celui du président du groupe PPE-DE. Exprimant sa « profonde consternation », Hans-Gert Pöttering (CDU) constate que « la perte de cette éminente femme politique est un choc pour nous tous ». Pour le président espagnol du groupe socialiste Enrique Baron, « Anna Lindh n'a pas été seulement une grande femme politique suédoise ; elle a été une femme d'Etat de très haut rang ». « C'était aussi une amie personnelle. Sa mort cruelle est une énorme perte non seulement pour les sociaux-démocrates partout mais aussi pour tous les Européens », ajoute M. Baron. Dans une lettre adressée au Premier ministre suédois, le président français du groupe de la Gauche unitaire européenne, Francis Wurtz écrit: « J'ai connu Madame Anna Lindh et beaucoup apprécié ses qualités humaines, sa disponibilité, son ouverture d'esprit, son dynamisme. Je mesure l'ampleur de la perte que représente sa disparition si tragique et si révoltante pour la Suède. Mais il s'agit aussi d'une grande perte pour l'Europe, ou elle a su, notamment durant la Présidence suédoise de l'Union, gagner une grande autorité et beaucoup de respect, y compris auprès des personnes qui ne partageaient pas nécessairement ses vues. A tous ces titres, je veux lui rendre un hommage sincère et ému ».
A la Commission européenne, le président Romano Prodi est descendu en salle de presse avec sa collègue suédoise Margot Wallström pour rendre hommage à Mme Lindh. « C'était la meilleure d'entre nous », a notamment déclaré Mme Wallström qui n'a pas pu réprimer ses larmes. Comme Romano Prodi, elle a évoqué quelques souvenirs personnels. « Nous nous souviendrons de Mme Lindh comme d'une femme politique dévouée, courageuse et intelligente, mais d'abord et surtout d'une personne chaleureuse et généreuse », a dit M. Prodi avant d'ajouter: « J'ai travaillé étroitement avec Anna pendant des années et je l'ai appréciée énormément ».
« L'Europe et le Conseil des ministres, qu'elle a si habilement présidé, ont perdu une personne formidable et engagée », a souligné le Haut représentant pour la PESC, Javier Solana en se déclarant choqué par la disparition de « cette collègue brillante » qui était aussi « une vraie européenne et une amie chère ». Parmi d'autres réactions de membres du Conseil Affaires générales, on notera celle du ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw qui, évoquant la réunion informelle « Gymnich » du week-end dernier (le président Prodi y a aussi fait allusion), a souligné qu'elle « était pleine de vie ». « C'est une terrible tragédie », a dit M.Straw en rappelant la « capacité extraordinaire » dont faisait preuve Mme Lindh pour conjuguer son dynamisme en tant que ministre des Affaires étrangères avec un rôle de premier plan dans la vie politique suédoise et sa vie de famille.
Emotion aussi au Conseil de l'Europe, où le président du Comité des ministres et ministre des Affaires étrangères de Moldova, Nicolae Dudau, le président de l'Assemblée parlementaire, Peter Schieder, et le secrétaire général Walter Schwimmer ont déclaré: « Nous sommes choqués et atterrés par cette affreuse nouvelle. Anna Lindh était une femme politique de premier plan, une excellente collègue et une vraie amie. Cet acte de violence insensé va à l'encontre de tout ce que le Conseil de l'Europe défend ». « Nous garderons le souvenir d'une ministre charmante, dévouée à la cause des droits de l'Homme dans un pays où rien ne laissait entrevoir une issue aussi brutale et tragique à l'action et la vie d'une femme admirable en tous points », a ajouté pour sa part le Commissaire aux droits de l'Homme, Alvaro Gil-Robles.
« Le monde, à nouveau le 11 septembre avec une terrible ironie, a perdu une personne qui apportait une contribution substantielle à un monde meilleur et plus sûr », a déclaré le secrétaire général de l'OTAN, Lord Robertson en visite officielle au Danemark.