Bruxelles, 03/09/2003 (Agence Europe) - La Commission européenne a indiqué mercredi qu'elle allait examiner scrupuleusement l'aide au sauvetage que le gouvernement français a l'intention d'octroyer à Alstom (voir EUROPE du 22 août, p. 4). Le porte-parole du Commissaire Monti, Tilman Lueder, a affirmé que la Commission se devait « d'examiner toutes les mesures » d'aide proposées par la France pour sauver Alstom avant de qualifier l'intervention du gouvernement français d'aide au sauvetage. « Nous n'entamerons pas une approche en deux étapes », a souligné le porte-parole, qui a ajouté que l'aide française est « un seul paquet important qui doit être évalué » par la Commission.
Le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, lors de sa rencontre avec les Commissaires européens la semaine dernière, avait plaidé la cause d'Alstom, estimant que l'Europe devait aider ses grands pôles industriels (EUROPE du 28 août, p.4). Tilman Lueder a rappelé, pour sa part, qu'il existe de nombreux concurrents importants dans le secteur de l'ingénierie ferroviaire et maritime, tels que Siemens, ABB Ltd, Bombardier Inc, General Electric, Aker Kvaerner ASA, Fincantieri et Izar: «La concurrence est suffisante. Il n'est pas exact de dire que le départ d' Alstom sur le marché conduirait à une situation de monopole », a-t-il conclu. La Commission devrait décider, dans les prochaines semaines, s'il y a lieu de lancer une enquête formelle d'aide d'Etat, laquelle durerait dix-huit mois minimum.