Francfort, 12/06/2003 (Agence Europe) - Alors que son président Wim Duisenberg intervenait devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen (voir plus haut), la Banque centrale européenne annonçait, dans son bulletin mensuel de juin, une baisse sensiblement plus élevée que prévu de la croissance dans la zone euro ainsi qu'une diminution rapide de l'inflation en 2004.
Pour la Banque, la croissance devrait s'établir dans une fourchette de 0,4% à 1,0% en 2003 dans la zone euro, et non plus entre 1,1% et 2,1% comme estimé en décembre dernier. La prévision de croissance pour 2004 a quant à elle été ramenée à 1,1-2,2%, contre 1,9-2,9%. Ces projections pessimistes expliquent clairement les raisons qui ont amené la BCE à réduire son taux directeur, le 5 juin, de 50 points de base, le ramenant ainsi à 2,0%, soit son plus bas historique (voir EUROPE du 6 juin, p.12). Le diagnostic établi par la Banque laisse également augurer d'une poursuite de la détente monétaire au nom de la croissance. Dans son bulletin, la BCE précise que le principal élément l'ayant amené à revoir des prévisions de décembre est le taux de change effectif nominal plus élevé de l'euro, conséquence de son appréciation de quelque 11% par rapport au dollar depuis novembre dernier. Le bulletin reprend le message adressé par la BCE le 5 juin, à savoir que l'inflation diminue de manière significative, que la croissance demeure faible. La BCE mise désormais sur une inflation de 1,8% à 2,2% cette année dans la zone euro, contre 1,3% à 2,3% auparavant, et sur une hausse des prix de 0,7% à 1,9%, contre 1,3% à 2,3% en décembre.