Bruxelles, 04/10/2002 (Agence Europe) - Le Commissaire à l'élargissement, Günter Verheugen, a salué dans une déclaration, jeudi soir, la décision de la Cour de haute sécurité de Turquie de commuer la peine de mort prononcée contre le leader du Parti des travailleurs kurdes, Abdullah Öcalan, en peine d'emprisonnement à vie, décision, qu'il considère comme "clairement dans l'esprit des dernières réformes approuvées en Turquie". La Commission européenne avait approuvé début août les réformes votées par le Parlement turc, "en particulier l'abolition de la peine de mort, l'autorisation de la télédiffusion dans les différents langues et dialectes utilisés traditionnellement par les citoyens turcs dans leur vie de tous les jours et l'amélioration des possibilités d'éducation pour les langues minoritaires" (EUROPE du 6 août). Mais la Commission comme la Présidence sont restées très prudentes, insistant sur la mise en œuvre de ces réformes. Selon les autorités turques, l'UE se doit désormais d'indiquer une date pour le lancement des négociations d'adhésion avec la Turquie, mais les autorités européennes refusent pour l'instant de se prononcer. Le directeur général à l'Elargissement à la Commission européenne, Eneko Landaburu, a dit devant un parterre d'étudiants à la mi-septembre ce que beaucoup pensent tout bas à Bruxelles et dans les capitales: "nous n'avons pas encore tiré de conclusions définitives mais (...) il est probable que nous ne proposerons pas de date d'ouverture des négociations", parce qu'il y a encore des "zones grises extrêmement importantes" dans le système politique de la Turquie. Il faisait allusion, en particulier, au rôle des militaires (EUROPE du 20 septembre, p.7).