Bruxelles, 09/09/2002 (Agence Europe) - Comme elle l'avait annoncé fin avril devant la commission de l'industrie du PE (voir EUROPE du 24 avril), la vice-présidente de la Commission, Loyola de Palacio, s'apprête à soumettre à ses collègues une série de propositions visant à doter l'UE d'une politique en matière de sûreté nucléaire. En introduisant des normes de sûreté communes, l'Union disposerait d'un garde-fou face aux risques que présentent les réacteurs soviétiques du type de ceux de Tchernobyl encore en service dans les futurs Etats membres de l'Est européen. Ce qui réduirait l'éventualité d'un nouvel accident qui discréditerait complètement l'énergie nucléaire jugée indispensable à l'Union pour réduire sa dépendance énergétique à l'égard des pays tiers. Outre ces normes communes, dont le respect serait assuré par des agences de contrôle indépendantes créées dans chaque Etat membre, la Commission entend aussi s'attaquer à la problématique des déchets nucléaires en obligeant tous les Etats à respecter un calendrier pour leur enfouissement définitif en grande profondeur. Dès 2008, chaque pays devrait avoir choisi un site de stockage qui devienne opérationnel en 2018 au plus tard. La solution du problème passant aussi par la recherche, la Commission souhaiterait également développer des initiatives communes en la matière.
Autre dossier: celui des importations de combustibles en provenance des pays tiers qui ne peuvent excéder 20% des besoins européens (pour défendre les intérêts des "enrichisseurs" de l'UE), ce que déplore la Russie, d'autant que l'application de cette règle aux nouveaux Etats membres de l'Est les contraindra à fermer des centrales et fera perdre à Moscou un certain nombre de marchés. Aussi, la Commission envisage-t-elle de demander aux Quinze un mandat de négociation avec la Russie pour que l'UE puisse y acheter de l'uranium enrichi, en contrepartie de quoi Moscou accélérerait la fermeture des centrales dangereuses.
Enfin, la Commission entend s'attaquer à la problématique des réserves financières des compagnies d'électricité pour le démantèlement de leurs centrales. Lors de l'examen des propositions de libéralisation des marchés du gaz et de l'électricité par le Parlement européen, des voix s'étaient élevées pour accuser le Français EDF et les Allemands EON et RWE d'utiliser ces fonds pour agrandir leur empire en rachetant d'autres sociétés productrices d'électricité. Pour faire face à ce problème de concurrence, la Commission va proposer que les réserves en question soient gérées de façon absolument séparée des autres ressources financières des entreprises.