Bruxelles, 12/07/2002 (Agence Europe) - Dans son bulletin mensuel de juillet paru jeudi, la Banque centrale européenne (BCE) lance un nouvel appel aux Etats membres de la zone euro pour qu'ils respectent les consignes budgétaires inscrites dans le pacte de stabilité, sans les assortir de conditions irréalistes ou avoir recours à des pirouettes comptables. « Seule la mise en œuvre déterminée de tous les volets du pacte de stabilité et de croissance peut en préserver la crédibilité », avertit ainsi Wim Duisenberg dans l'éditorial présentant le rapport mensuel de la BCE. Il ajoute qu'il s'agit de la « condition nécessaire pour maintenir et conforter la confiance en la politique économique de la zone euro, axée sur la stabilité » et formule quelques recommandations visiblement plus ciblées vers des pays en particulier: - il convient de « souligner une nouvelle fois que les objectifs budgétaires doivent refléter des efforts d'assainissement structurel suffisamment ambitieux et être fondés sur des hypothèses de croissance réalistes » (une remarque qui pourrait s'adresser à la France qui a récemment réitéré son engagement de ramener ses comptes à un niveau proche de l'équilibre au plus tard en 2004, moyennant une croissance de 3% au cours des deux prochaines années: NDLR ) ; - il faut « se garder de toute tentation d'améliorer artificiellement le solde budgétaire courant par la voie de mesures comptables et assurer une totale transparence des comptes publics » (rappelons la polémique qui a opposé la semaine dernière l'Italie à la Commission européenne au sujet des critères comptables appliqués aux déficits publics).
Au-delà des considérations budgétaires, la BCE rappelle que si elle n'a pas modifié ses taux lors du dernier Conseil des gouverneurs, en dépit de risques d'inflation « orientés à la hausse », c'est en raison des « incertitudes relatives à la vigueur de la reprise de l'activité économique, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur de la zone euro ». Celles-ci « n'ont pas diminué ces dernières semaines, comme en témoignent les indicateurs relatifs à la consommation et l'évolution des marchés financiers », peut-on lire aussi dans le rapport de la BCE. De plus, cette dernière laisse transparaître une inquiétude croissante en ce qui concerne les risques inflationnistes en provenance de son « premier pilier », c'est-à-dire la masse monétaire M3. Ces risques « deviennent de plus en plus perceptibles », estime la BCE, qui juge « inquiétant que les liquidités dans la zone euro soient excessives par rapport aux besoins de financement que nécessiterait une croissance économique non inflationniste à long terme ». En fait, il existe « un risque croissant de voir cet excès substantiel de liquidités se traduire par des tensions inflationnistes, en particulier dans un contexte de reprise économique dans la zone euro », conclut la BCE.