Kolding, 12/07/2002 (Agence Europe) - Au cours de leur rencontre préparatoire avant l'Informelle "Social" qui s'est tenue vendredi 12 juillet à Kolding sous la présidence des ministres danois de l'Emploi Claus Hjort Frederiksen et des Affaires sociales et de l'Egalité des droits Henriette Kjaer (voir EUROPE du 10 juillet, p.11 et 12), les partenaires sociaux européens (CES pour les syndicats, UNICE/UEAPME pour le patronat et CEEP pour les entreprises à participation publique) se sont engagés formellement à moderniser le dialogue social en vue de mieux contribuer à la réalisation des objectifs de Lisbonne. La réunion a également souligné l'importance d'une plus grande participation de tous les acteurs, locaux et régionaux, pour garantir une meilleure coordination du travail en réseaux en matière d'égalité des chances et de lutte contre la pauvreté, ainsi que celle d'investir dans les ressources humaines pour assurer à chacun une vie digne. "Ce qui est très important, c'est qu'aujourd'hui nous ayons eu une discussion entre représentants du Parlement européen, de la Commission, du Conseil, des partenaires sociaux européens et de la société civile organisée sur un concept très important: le partenariat", a déclaré la Commissaire Anna Diamantopoulou à l'issue des travaux.
Pour la Commissaire, "l'absence ou l'inadéquation des capacités sur le marché du travail constatée dans tous les pays de l'Union" est une préoccupation prioritaire de l'UE. En ce qui concerne la lutte contre la pauvreté, Mme Diamantopoulou a estimé que "même si nous avons le modèle de protection sociale le plus poussé au monde, le niveau de pauvreté est inacceptable: plus de 60 millions de personnes dans l'UE disposent d'un revenu inférieur à 60% du revenu national moyen!". Les objectifs nationaux concrets en matière d'égalité entre les hommes et les femmes font défaut dans les Etats membres, a constaté Mme Diamantopoulou en ajoutant que "la pauvreté a un visage féminin. Les Etats membres doivent donner une dimension plus locale à cette politique en créant des réseaux locaux". La Commissaire a aussi attiré l'attention des pays candidats à l'adhésion où de nombreux problèmes en matière de pauvreté subsistent et indiqué que "les premiers mémorandums d'inclusion conjoints ont déjà été signés entre l'UE et certains pays candidats et que les autres suivront". M.Claus Hjort Frederiksen (qui présidait la première partie de la réunion sur le dialogue social et les investissements en ressources humaines) a présenté l'accord sur le télétravail qui sera signé mardi 16 juillet, à Bruxelles, par les représentants des partenaires sociaux en présence de Mme Diamantopoulou et qui concerne "7 millions de travailleurs dans l'UE qui ne connaissent pas leurs droits en matière de formation , d'évaluation de carrière, etc. C'est la loi de la jungle qui prévalait jusqu'à présent pour les télétravailleurs", a commenté le président en ajoutant que l'accord souligne: (1) le caractère volontaire tant pour l'employeur que pour le travailleur du télétravail; (2) que le "télétravailleur" doit bénéficier des mêmes droits que les travailleurs de l'entreprise pour laquelle ils travaillent, notamment du point de vue de l'évolution de leur vie et de leur carrière; (3) qu'il revient à l'entreprise de supporter les coûts du télétravail, par exemple en ce qui concerne les équipements; (4) que l'employeur est responsable de la protection de la santé et de la sécurité du "télétravailleur", notamment du point de vue ophtalmologique. "Cet accord est un bon signe pour l'avenir du dialogue social", a poursuivi M.Frederiksen en précisant que "une divergence de vues subsistait sur la façon dont les partenaires sociaux peuvent passer des accords, de manière volontaire ou non". Pour la présidente de la seconde partie de la réunion portant sur la lutte contre la pauvreté et à laquelle se sont joints les représentants des ONG actives dans le secteur social, Henriette Kjaer, "la priorité de la Présidence danoise sera la concrétisation de la stratégie de Lisbonne en soulignant l'importance de travailler de façon variée et en assurant une coordination entre l'économique et le social". Mme Kjaer a plus particulièrement demandé que: (1) chaque Etat membre établisse " ses besoins en matière de lutte contre la pauvreté et surtout, que rien ne soit dicté par Bruxelles! ";(2) de mettre en place "un plus grand respect de l'égalité des chances, les femmes semblant plus vulnérables à l'exclusion sociale que les hommes".
"La priorité de la Présidence danoise, c'est l'élargissement, mais en en second lieu, j'ai le sentiment que ce sera le dialogue social!", s'est exclamé le Secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats Emilio Gabaglio pour qui "la rencontre de jeudi a été un souffle d'air frais dans une situation dans laquelle on voit que, dans plusieurs pays européens, la situation sociale est en train de se dégrader, et qu'il y a des gouvernements et des organisations patronales qui seraient tentés d'abandonner le dialogue social!" Le président de la commission Affaires sociales du patronat européen (UNICE) Wilfried Beirnaerts a rappelé que l'accord sur le télétravail est "un accord novateur qui donne la responsabilité aux partenaires sociaux de le mettre en oeuvre". Il a ajouté que "la mobilité des travailleurs, le vieillissement actif, l'apprentissage tout au long de la vie, la jeunesse seront des thèmes cibles de l'UNICE au cours des prochains mois dont certains pourront faire l'objet d'accords volontaires et d'autres relèveront de la méthode ouverte de coordination".