Bruxelles, 21/08/2001 (Agence Europe) - Dans un document de travail publié par la Direction générale des études du Parlement européen, intitulé « La situation économique dans l'Union européenne et les perspectives pour 2000-2001 », le Groupe EUROFRAME anticipe que « le cours de l'euro s'élèvera à 1,06 dollar d'ici à la fin de 2002 ». Si ce cours ne remonte pas « dans cet horizon temporel », il y a un « réel danger que le taux d'inflation soit nettement plus élevé que prévu, et dépasse le plafond » fixé par la Banque centrale européenne, ajoute le groupe de recherche, pour qui, « si l'affaiblissement de la conjoncture dans la zone euro ou l'appréciation de l'euro dépassent nos prévisions, la BCE devrait abaisser les taux d'intérêt rapidement et avec détermination ». Le Groupe EUROFRAME est formé des instituts de recherche économique WIFO (Autriche), ETLA (Finlande), OFCE (France), IfW et DIW (Allemagne), Prometeia (Italie) et NIESR (Royaume-Uni).
Selon les instituts de recherche, l'affaiblissement conjoncturel actuel ne devrait pas entraîner une récession dans la zone euro, et la croissance se situera à 2,8% en 2001 et 1,5% en 2002. Par ailleurs, la baisse des prix et l'appréciation déjà amorcée de l'euro devraient provoquer une baisse de l'inflation, à 2,2% en 2001 et à 1,5% en 2002. Pour eux, « le plus grand danger pour la zone euro serait une forte détérioration du climat des affaires et des investissements aux Etats-Unis. Si la tendance négative aux Etats-Unis devait brusquement s'accélérer, la BCE devrait être prête à baisser les taux d'intérêt de manière significative ».
Dans son analyse très détaillée, EUROFRAME évoque aussi: - la new economy, en reconnaissant que l'Europe « est à la traîne derrière les Etats-Unis » et que « une plus grande ouverture des marchés des télécommunications a donné une forte impulsion aux nouvelles technologies dans les pays nordiques" ». Les instituts de recherche suggèrent là des incitations fiscales, qui exigent cependant un « contrôle attentif » ; - la fiscalité et les retraites, en constatant qu'il ne faudra plus encourager le retraite anticipée, mais, « en recherchant un plus haut taux d'emploi, créer de meilleures conditions institutionnelles » permettant aux personnes concernées de rester sur le marché de l'emploi. Par ailleurs, EUROFRAME, qui insiste sur le maintien de la solidarité sociale, estime que, même si on affirme que la politique fiscale doit rester du ressort de chaque Etat, « une certaine harmonisation pourrait devenir nécessaire, afin que les facteurs mobiles (…) et les sociétés multilatérales ne puissent pas se soustraire à la fiscalité » ; - la situation dans les Etats membres de l'UE, en notant en particulier que dans certains pays, « y compris le Royaume-Uni, la conjoncture devrait être encouragée l'année prochaine par des mesures fiscales », alors que « à moyen terme il faut continuer à rester vigilants » et renforcer les efforts de discipline budgétaire.
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