Berlin, 07/05/2001 (Agence Europe) - Le chancelier allemand Gerhard Schröder a ouvert, lundi à Berlin, le 5ème congrès du parti des socialistes et sociaux-démocrates européens en insistant sur la nécessité d'un meilleur positionnement des sociaux-démocrates dans le débat européen. Le président du PSE, M. Scharping, a fait un vibrant plaidoyer pour une plus forte intégration européenne autour des valeurs humaines et sociales communes, et a souhaité à son successeur Robin Cook qui doit être élu mardi à la tête du parti de bénéficier d'un soutien aussi large que celui qui lui a été accordé lors de sa présidence.
Dans son discours d'ouverture, le chancelier Schröder est revenu sur ses propositions en vue du congrès du SPD. Il a indiqué que ce texte, qui doit lancer le débat au sein du parti social-démocrate allemand, a été adopté à l'unanimité lundi matin par le praesidium du SPD. Il a expliqué que ce texte traduit quatre engagements: (1) « fédérer, dans le contexte de la globalisation, les forces en Europe, mieux répartir les compétences et mieux défendre les intérêts européens sur la scène internationale » ; (2) consolider et développer les indéniables succès de l'Union européenne ; (3) renforcer durablement les institutions européennes ; (4) « gagner les têtes et les cœurs des citoyens allemands pour l'Europe ». A noter que le discours de M. Schröder, contrairement au texte paru la semaine dernière, ne contenait aucune référence explicite à une éventuelle constitution européenne ni à la manière de concevoir la répartition des compétences. Le chancelier a aussi insisté sur la mise en œuvre d'une politique de l'éducation et de la formation qui, a-t-il dit, « seront au centre de l'action politique des Etats membres de l'UE au 21ème siècle ».
Mémorandum pour une Europe "fédérale et sociale"
Dans un mémorandum présenté à Berlin, l'aile gauche des partis socialistes plaide pour une constitution fondant une Europe fédérale et sociale. Ce texte cosigné par des délégués français, allemands, italiens, belges, portugais et grecs juge triste que le PSE « ne joue systématiquement aucun rôle dans le grand débat sur l'avenir de l'Europe », et lie cela à un fonctionnement fondé sur le consensus. Il affirme que la place des sociaux-démocrates doit être aux côtés des salariés et des chômeurs ainsi que des mouvements de citoyens qui luttent contre la globalisation "libérale". Parmi les priorités figurent: - le plein emploi ; - une politique fiscale européenne ; - un traité "social"; - un fonds européen pour l'environnement ; - la réorientation de la PAC ; - l'imposition des mouvements de capitaux ; - des normes sociales contraignantes au niveau international ; - le refus d'étendre des compétences de l'OMC.