Nyköping, 07/05/2001 (Agence Europe) - Les ministres européens des Affaires étrangères, réunis informellement à Nyköping, ont analysé le rôle que l'UE pourrait jouer dans le processus de paix au Proche- Orient aux côtés des Etats-Unis, et affirmé leur volonté de soutenir le plan proposé par l'Egypte et la Jordanie. Le débat a été ouvert par des exposés du Haut Représentant pour la Pesc, Javier Solana, et des ministres français Hubert Védrine, belge Louis Michel et espagnol Josep Piqué, au sujet de leurs récents contacts dans la région. Les ministres ont, semble-t-il, fait le point sur l'état d'esprit des populations palestiniennes et israéliennes, avant d'évoquer les différents scénarios que pourrait suivre l'UE pour soutenir le plan égypto-jordanien, contesté en partie par Israël mais qui est « le seul sur la table actuellement », a souligné M. Solana.
« Nous sommes prêts à soutenir tous les efforts de paix dans la région, mais tout dépendra de la volonté des parties de progresser », a commenté la présidente du Conseil, Anna Lindh. Les ministres ont encouragé Javier Solana à présenter au Sommet de Göteborg une «feuille de route » qui précisera la marche à suivre par l'UE, sans doute dans la ligne du plan égyto-jordanien. « Je suis optimiste sur la possibilité d'un compromis entre les Etats membres », a assuré Javier Solana. Les ministres ont évoqué dans le même temps la nécessité de coordonner la position européenne avec celle des Etats-Unis. Pour le ministre français Hubert Védrine, il faut « une position forte de l'Union et une position forte des Etats-Unis, pour les faire converger vers une position qui ait du poids ». Le ministre belge Louis Michel a estimé que l'administration Bush semble aussi impliquée que l'administration Clinton dans le processus de paix, mais « paraît moins possessive », ce qui laisse une marge pour que l'UE joue un rôle dans la région. Toutefois, a-t-il remarqué, l'UE doit soigner la « crédibilité de sa neutralité » et éviter de juger les uns ou les autres, et se garder d'adopter une position rigide à l'égard d'Israël à propos du problème des règles d'origine, car ceci risquerait « d'être interprété par les uns ou les autres comme une prise de position politique qui disqualifierait l'Europe comme partenaire du processus ». Cette position n'est toutefois pas partagée par l'ensemble des ministres. Le Finlandais Erkki Tuomioja, par exemple, a espéré, « sans beaucoup d'espoir », que l'UE fera davantage pression sur Israël à propos des règles d'origine. Le Danois Mogens Lykketoft a insisté de son côté sur la nécessité de condamner clairement la politique de colonisation israélienne, stigmatisée dans le rapport de la "Commission Mitchell". Le ton des discussions a été «lucide et pessimiste, mais nous ne baissons pas les bras », a résumé le ministre français Hubert Védrine.