Bruxelles, 07/05/2001 (Agence Europe) - La visite à Pyongyang de la Troïka européenne, conduite par le Premier Ministre suédois Göran Persson, a été saluée avec "gratitude et compliments" par le Président sud-coréen Kim Dae-jung, à son arrivée à Séoul, à la veille du week-end. "Grâce aux dirigeants européens et au soutien de la communauté mondiale, la paix, la réconciliation et la coopération au sein de la péninsule coréenne deviennent un courant irrésistible de l'Histoire", a-t-il déclaré en accueillant M. Persson, ainsi que le Commissaire européen Chris Patten et le Haut Représentant pour la Pesc Javier Solana.
Le Président Kim s'est félicité de la visite "très significative" des dirigeants européens, en se disant convaincu qu'elle "fera avancer le mouvement vers une paix durable dans la péninsule". "Nous pensons que notre visite a rempli son objectif (....). Nous avons quitté (Pyongyang) avec l'impression que votre homologue nord-coréen est fermement engagé à mettre en oeuvre la déclaration de l'année dernière" et "avons conclu un arrangement sur un certain nombre de questions d'intérêt commun", a répondu M.Persson en référence aux promesses obtenues de Kim Jung-II (EUROPE du 4 mai, p.9), toutes trois qualifiées de "très positives" par le leader sud-coréen. En particulier, a souligné le Président Kim, "la décision du Nord de maintenir le moratoire sur ses tests de missiles dépasse nos attentes et aura un effet très positif sur la reprise du dialogue entre les Etats-Unis et la Corée du Nord" qui doit évoluer, selon lui, "parallèlement aux développements dans les relations intercoréennes". "J'irai résolument de l'avant avec la Sunshine Policy de réconciliation et de coopération à l'égard de Pyongyang", a-t-il ajouté. "Nous sommes au début d'un chemin très long, venteux et rocailleux", a souligné M. Patten à propos de l'ouverture d'un dialogue structuré sur les droits de l'homme en Corée du Nord. Il a aussi rappelé que Kim Jong-Il estime que la balle est dans le camp américain et qu'il s'est refusé à mettre fin à ses exportations de technologies militaires, à moins de recevoir des compensations. C'est, a-t-il dit à M. Patten, "une question purement commerciale". L'UE attend quant à elle de voir ce que Pyongyang fera pour concrétiser ses promesses et répondre aux questions laissées en suspens (notamment la libre circulation des ONG humanitaires et la vente de missiles), avant de procéder à la normalisation des relations diplomatiques. "Il n'y pas encore suffisamment d'éléments pour prendre la décision", ont estimé les Quinze auxquels la Troïka a rendu compte de sa mission en Corée, au cours du week-end.