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Bulletin Quotidien Europe N° 7924
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/sommet de stockholm

Mme Lindh et M. Prodi insistent sur le modèle social européen, le vieillissement démographique

Strasbourg, 15/03/2001 (Agence Europe) - Pendant le débat de mercredi en plénière sur le Conseil européen de Stockholm des 23 et 24 mars, la présidente du Conseil de l'UE, Anna Lindh, a rappelé que ce sommet doit se concentrer sur la modernisation du modèle économique et social européen. Soulignant qu'il y a encore 14 millions de chômeurs dans l'UE, elle a insisté sur la nécessité de renforcer les objectifs déjà ambitieux adoptés lors du Sommet de Lisbonne, et a plaidé pour des mesures permettant de: - renforcer la stratégie pour l'emploi ; - promouvoir l'apprentissage et la formation tout au long de la vie ; - développer la qualité du travail. Parmi d'autres priorités, elle a cité les biotechnologies, l'ouverture des marchés de l'électricité, du gaz, des services postaux, des chemins de fer et des transports aériens, ainsi que la création d'un véritable marché des services financiers, la stratégie pour faire face au vieillissement de la population, la préservation des systèmes de protection sociale et une meilleure inclusion sociale des personnes âgées. La Présidence suédoise souhaite aussi voir « inclure la stratégie écologique qui manquait à Lisbonne », a rappelé Mme Lindh, qui a aussi dit que « la Suède souhaite que l'introduction de l'euro soit un franc succès ».

Le président Romano Prodi s'est félicité de l'organisation de la rencontre avec le président Poutine (avant le sommet), qui doit permettre de discuter de la réforme économique en Russie et de l'amélioration des conditions relatives aux investissements qui sont « indispensables pour la réussite de notre dialogue sur l'énergie » (voir à ce sujet EUROPE du 8 mars, p. 11). Après Lisbonne, nous avons enregistré des succès mais il nous faut aujourd'hui progresser dans dix secteurs où nous nous sommes heurtés à la résistance de certains Etats membres, a expliqué M. Prodi en affirmant que « nous devons donner une nouvelle impulsion », en particulier pour le brevet communautaire, dont l'UE a un besoin urgent et qui devrait, comme l'avait demandé le Conseil de Feira, être disponible avant la fin de cette année (voir EUROPE du 14 mars, p. 8, au sujet de l'échec du Conseil Marché Intérieur sur cette question). Les Etats membres doivent assumer leurs responsabilités. « Autre problème: le projet Galileo qui permettrait, avec une modeste injection de fonds publics, de rendre l'Europe autosuffisante en matière de navigation par satellite pour les utilisations civiles, militaires et scientifiques », a dit M. Prodi en rappelant que la Guerre du Kosovo a montré trop clairement la dépendance absolue de l'Europe vis-à-vis du système GPS (voir EUROPE des 12/13 mars, p. 8, au sujet des divergences de l'Ecofin sur Galileo). « Une protection sociale efficace pour une population vieillissante », voilà un autre thème qui me tient particulièrement à cœur et auquel nous devons nous attaquer, a affirmé M. Prodi en soulignant qu'il y a actuellement, dans l'UE, quatre actifs pour une personne âgée de 65 ans. Dans 20 ans, il n'y en aura plus que trois et dans quarante, il n'en restera plus que deux. Il va nous falloir moderniser nos systèmes sociaux et de retraite pour les rendre « soutenables », a-t-il dit avant d'ajouter: « je veux que l'Europe ne soit pas seulement la région la plus compétitive du monde mais aussi celle qui dispose du plus haut niveau d'inclusion sociale (…) l'évolution de la démographie européenne peut entraîner une crise qui dans quelques décennies pourra gravement compromettre la compétitivité de l'UE, le fonctionnement de l'UEM et notre modèle social. Il nous faut agir immédiatement pour préserver le modèle social européen pour les générations futures (…). A partir de 2007 environ, notre force de travail deviendra insuffisante pour satisfaire nos exigences économiques et l'UE devra résoudre un problème de manque de main-d'œuvre (…) A l'avenir, toutes les générations devront travailler plus longtemps ». Dans sa communication pour Stockholm, la Commission invite les Etats membres à renforcer la participation des femmes au marché du travail, a rappelé M. Prodi, qui a aussi insisté sur la nécessité de réconcilier vie familiale et vie professionnelle, tout en encourageant les gens à avoir des enfants. Nous devons aussi nous doter de manière urgente d'une politique d'immigration au niveau européen, a-t-il dit avant de préconiser des mesures pour préserver un haut niveau de protection sociale, garantir la pérennité des systèmes de retraite, la transférabilité des droits et créer enfin un marché unique pour les fonds de pension. « A Stockholm, les Etats membres devront éliminer les barrières fiscales qui empêchent le paiement transfrontalier des cotisations de retraites et la gestion transfrontalière des fonds de pension. La coordination entre les systèmes fiscaux nationaux est indispensable en cette matière et la Commission présentera prochainement des propositions à ce sujet », a déclaré M. Prodi. « Les effets du vieillissement sur nos systèmes sociaux doivent renforcer notre détermination à réduire la dette publique », a-t-il dit avant d'envisager l'inclusion de la viabilité à long terme des finances publiques parmi les exigences du Pacte de stabilité et de croissance. Des finances publiques saines et viables doivent faire partie de la « stratégie globale de développement durable en Europe » que la Commission proposera pour le Sommet de Göteborg en juin. Et de conclure: « Il n'y a pas et il n'y aura pas de modèle unique d'inclusion sociale dans l'Union élargie. Chaque Etat membre fera ses propres choix en fonction de ses propres traditions, de sa culture et de la volonté de sa population. Il faut néanmoins que le cadre général soit sain. Et cela ne peut se faire qu'au niveau de l'Union ».

Le débat: rattraper les retards, mais pas de libéralisation débridée

Pour le groupe PPE/DE, Ilkka Suominen (finlandais) a plaidé pour une plus grande flexibilité du marché du travail. La modernisation du modèle social européen doit se poursuivre et la concurrence doit être renforcée, a-t-il dit, en insistant aussi sur un renforcement de la recherche. Le socialiste luxembourgeois Robert Goebbels a estimé que « notre Union ne se porte pas trop mal » et que « l'Europe est devenue en 2000 le pôle de croissance mondial ». Nous pouvons mieux faire dans beaucoup de domaines, a dit M. Goebbels, en affirmant que la libéralisation débridée n'est cependant pas la solution. Le libéral espagnol Carles-Alfred Gasoliba i Böhm a reconnu que le processus de libéralisation a démarré mais, a-t-il ajouté, il faut maintenant passer au rythme supérieur pour rattraper l'écart qui nous sépare encore des Etats-Unis. Le Vert belge Pierre Jonckheer a dit que, pour le groupe V/ALE, la problématique des "besoins" doit enfin être abordée. Evoquant une saturation en matière de téléphones portables alors que l'on manque de logements, il a expliqué qu'il faut s'interroger sur les véritables besoins les plus urgents. Pour le groupe GUE/NGL, a dit Herman Schmid, le profil social de Stockholm est assez faible puisqu'il semble que l'on se concentrera beaucoup plus sur la déréglementation. Gerard Collins (UEN, irlandais) a déploré qu'il n'y ait toujours pas de stratégie suffisante en matière de technologies de l'information, et a insisté sur une meilleure formation professionnelle pour les jeunes et les chômeurs. Et d'affirmer que l'objectif de plein emploi peut être atteint dans l'UE. Gunilla Carlsson (PPE/DE, suédoise) a critiqué la politique menée en Suède où le taux de chômage (qui, a-t-elle dit, est de 17% de la population active et non de 5%, comme l'affirment les chiffres officiels) a augmenté parce qu'on a augmenté la pression fiscale sur les entreprises.

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