Bruxelles, 27/06/2000 (Agence Europe) - La Commission européenne et la Tunisie se sont livrées vendredi dernier, au sein du Comité d'association, à un examen général de la coopération engagée au titre de l'accord d'association. A propos de l'évolution des échanges, chacune des deux délégations a fait part de son appréciation de la situation dans le contexte d'une plus forte pression de la concurrence européenne sur le marché tunisien, du fait de l'ouverture croissante de ce dernier, en application de l'accord. Elles se sont engagées à mieux étudier les tendances car la Commission ne paraît pas totalement convaincue que le démantèlement graduel de la protection douanière soit la cause de la détérioration de la balance commerciale tunisienne.
Il a été également question du dossier des normes et certifications et en particulier de la possibilité de parvenir à une reconnaissance mutuelle. Le groupe de travail prévu par la dernière session du Conseil d'association (janvier 2000) a été formalisé. Il aura pour tâche d'ici la fin de l'année de rechercher le moyen d'intensifier la coopération en cette matière et d'être attentif à l'impact possible, en ce domaine, du libre-échange bilatéral. Un autre groupe de travail étudiera la coopération sociale dont il faudra assurer la mise en œuvre, en préparation notamment à une négociation sur les champs couverts par les systèmes de sécurité sociale.
Les deux délégations ont ensuite passé en revue les différents aspects de la coopération économique et de la coopération financière. La Tunisie souhaite être rassurée quant à la permanence des appuis communautaires, en particulier lorsqu'elle commencera à ressentir plus durement la concurrence européenne sur son marché. La Commission en a pris bonne note tout en précisant qu'elle n'établit pas de lien entre l'ampleur de la dotation financière par pays et les étapes du démantèlement. La Tunisie et la Commission ont par ailleurs évoqué la révision des régimes d'accès réciproques des produits agricoles dont le ministre de l'Agriculture, M. Sadok Rabah, et M. Fischler s'étaient entretenus la veille. Rappelons que la proposition de la Commission au Conseil sur le réexamen des régimes agricoles cite explicitement, pour la Tunisie, le cas de son principal produit à l'exportation, l'huile d'olive (cfr. EUROPE d'hier page 9). Les autorités tunisiennes font état de l'importance non seulement commerciale mais également sociale et environnementale de leur production oléicole. La Commission paraît en convenir. Par ailleurs, elle compte sur l'appui de tous ses partenaires traditionnels dans ses démarches à l'OMC pour faire valoir le caractère multifonctionnel de l'agriculture.
La Tunisie a informé la délégation de l'UE du réseau d'accords de libre-échange qu'elle noue avec des États voisins (Maroc, Égypte, Jordanie, Libye et Koweït) et la Commission a évoqué la question de l'élargissement de l'UE. La Tunisie souhaite que ce point soit à l'ordre du jour de toutes les rencontres avec l'UE, pour suivre son impact sur les relations bilatérales et sur la politique méditerranéenne en général.