Bruxelles, 26/05/2000 (Agence Europe) - Dans la perspective de la réunion informelle des ministres de l'Agriculture du début de la semaine prochaine à Evora (Portugal), la Présidence portugaise a préparé un document de travail sur le défi que doit relever l'agriculture européenne pour allier la qualité et la diversité.
Ce document souligne que les aides versées dans le cadre des organisations communes de marché continuent d'absorber l'essentiel des fonds de la politique agricole commune et créent une grande disparité entre secteurs, producteurs et régions, favorisant plutôt ceux ou celles qui seraient déjà, sans aides, les plus compétitifs. Il plaide pour un approfondissement de la réforme de la PAC, visant à réduire le poids relatif des aides versées par le biais des organisations communes de marché (OCM) au profit des mesures de développement rural, ce qui permettrait de contribuer à un rééquilibrage des aides. Il estime aussi que des progrès importants doivent encore être accomplis en ce qui concerne la prise en compte des exigences et des préférences du public en tant que consommateur et contribuable. Dans ce contexte, la présidence evoque la nécessité d'une intervention plus grande des groupes de protection de l'environnement et de défense du consommateur dans l'élaboration, le suivi et l'évaluation des politiques européennes. Pour préserver la confiance du consommateur, une application plus rigoureuse des normes minimales de sécurité alimentaire s'impose désormais au sein de l'UE, affirme le document qui constate aussi que la position adoptée par l'UE dans les négociations à l'OMC exige une meilleure définition du modèle agricole européen et incite à opter pour des politiques plus directement axées sur les différentes composantes de la multifonctionnalité. Le document milite aussi pour l'adoption d'un système communautaire d'indicateurs agro-environnementaux.
Après un long chapitre consacré à la qualité des produits, la présidence évoque les particularités d'une politique commune confrontée à des problèmes, des perceptions et des préférences très variables d'une région à une autre. A ce titre, elle rappelle que des régions pratiquant l'agriculture intensive sont durement touchées par la pollution de source agricole alors que d'autres connaissent une marginalisation économique croissante, la disparition des paysages traditionnels et d'autres problèmes comme les grands incendies de forêts. La manière dont sont abordés les problèmes environnementaux et alimentaires dépend aussi dans une large mesure des perceptions et des attitudes du public. Dans certains cas, on privilégie les paysages plus naturels par rapport à ceux qui sont façonnés par l'homme, ou la gastronomie régionale par rapport aux loisirs de plein air ou encore les produits issus d'un mode de production spécifique. La présidence estime en conséquence que la subsidiarité doit jouer et que l'idée maîtresse est d'arriver à mieux adapter les politiques aux problèmes et besoins de chaque Etat membre ou région, et à assurer une plus grande intégration territoriale des différents instruments de politique. Le document soulève un certain nombre de questions: - à quel niveau doit-on définir le minimum que le public est en droit d'attendre des agriculteurs tant sur le plan de l'environnement que de la sécurité alimentaire? - comment assurer un suivi efficace des incidences des politiques sur l'ensemble du territoire communautaire? - comment garantir l'efficacité de la politique commune même lorsqu'elle est appliquée de manière décentralisée? - comment concilier l'application des principes d'additionnalité et de solidarité dans l'intervention communautaire pour répartir plus équitablement les coûts liés au respect des normes en matière d'environnement et de sécurité alimentaire? - comment consolider la contribution des produits bénéficiant d'une dénomination d'origine (AOP, IGP et produits biologiques) au développement agricole et rural de l'UE?
Ce document doit alimenter la réflexion et les discussions des ministres de l'Agriculture qui arrivent ce dimanche à Evora. La réunion informelle du Conseil Agriculture aura lieu mardi matin. Les ministres devraient aussi aborder la problématique des OGM.