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Bulletin Quotidien Europe N° 7709
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/construction navale

La Commission recommande au Conseil de maintenir les pressions sur la Corée du Sud pour qu'elle mette un terme aux pratiques déloyales - La crise mondiale persiste

Bruxelles, 03/05/2000 (Agence Europe) - En adoptant mercredi son deuxième rapport au Conseil sur la situation de la construction navale dans le monde, la Commission européenne constate que le marché mondial des navires marchands reste en crise. L'offre dépasse toujours nettement la demande et une amélioration n'est guère probable. Le recul des prix se poursuit, dû notamment aux offres extrêmement basses des chantiers sud-coréens. Les études du coût des commandes révèlent une fois de plus l'importance des pertes (de 11 à 32% des coûts de construction) que ces chantiers sont disposés à subir pour obtenir des parts de marché et assurer leur marge d'autofinancement. Ces taux sont légèrement inférieurs aux pourcentages cités dans le premier rapport (voir EUROPE du 10 novembre 1999, p.9), mais ceci s'explique probablement par des différences dans le choix des commandes étudiées. Aux prix actuels, les parts de marché de l'UE et du Japon continuent de s'amenuiser, bien que cet effet soit moins prononcé en ce qui concerne l'UE. A l'exception des navires de croisière, les chantiers coréens visent tous les segments du marché de la construction navale, ne laissant aux chantiers européens que de petites commandes intérieures et le tonnage hautement spécialisé.

Le rapport met aussi en évidence les efforts déployés par la Commission pour convaincre le gouvernement sud-coréen de participer à la mise en place de conditions de concurrence équitables, comme l'avait demandé le Conseil Industrie en novembre dernier. Ces efforts ont abouti le 10 avril 2000 à la signature d'un protocole d'accord par la Commission et le gouvernement sud-coréen. EUROPE rappelle que ce protocole porte sur l'absence de subvention, les opérations bancaires et la transparence financière, ainsi que sur les pratiques commerciales en matière de fixation des prix et sur l'instauration d'un véritable mécanisme de consultation entre les deux parties. Parallèlement, le secteur européen de la construction navale a rassemblé de nouveaux éléments de preuves permettant, le cas échéant, d'introduire une plainte devant l'OMC.

La Commission recommande au Conseil de:

continuer à faire pression sur la Corée pour qu'elle applique intégralement le protocole d'accord et qu'elle s'engage à participer à l'assainissement du marché, en ce qui concerne notamment le niveau des prix et les capacités de construction;

appliquer intégralement les dispositions du protocole d'accord UE/Corée dès qu'elles seront entrées en vigueur, en recourant s'il le faut au mécanisme de consultation;

rassembler de nouveaux éléments de preuve plus précis concernant d'éventuelles pratiques préjudiciables en matière de prix et d'autres comportements faussant le mécanisme du marché, en vue de déposer et d'appuyer une plainte, le cas échéant, au titre du règlement sur les obstacles au commerce (procédure susceptible de déboucher sur de nouvelles consultations ou sur le recours de la Commission aux procédures de l'OMC);

informer le FMI des constatations effectuées et demander que la restructuration industrielle promise par la Corée fasse l'objet d'un contrôle vigilant et d'un examen attentif;

encourager le secteur européen de la construction navale à renforcer davantage sa compétitivité.

Ce rapport sera soumis au prochain Conseil Industrie, le 18 mai prochain.

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