Bruxelles, 03/05/2000 (Agence Europe) - Quelques députés européens ont profité de l'échange de vues de mercredi avec MM. Noyer et Solbes au sujet des rapports de convergence sur la Grèce et la Suède (voir les pages précédentes pour interroger, plutôt polémiquement, le vice-président de la Banque centrale européenne au sujet des intentions de la BCE concernant le taux de l'euro. Le démocrate-chrétien allemand von Wogau s'est limité à constater que l'euro est "en chute libre", alors que le Vert français Lipietz (qui s'est demandé si on peut parler d'"effondrement" de la monnaie européenne et a estimé qu'il faut être "beaucoup plus calme sur ce sujet") a vivement critiqué les dernières décisions de la BCE, qui ont été suivies par une nouvelle baisse de l'euro. Aussi bien le Fonds Monétaire International que les gouvernements et "une grande partie de la communauté économique et sociale" étaient contre la hausse des taux d'intérêt décidée la semaine dernière, mais la BCE a "passé outre cette opposition", a-t-il constaté, en estimant qu'il était donc « légitime que les marchés jugent que la Banque souhaite un certain ralentissement de la croissance économique en Europe », et que les capitaux quittent l'euro. Une hausse des taux d'intérêt actuellement signifie une baisse du taux de l'euro, a-t-il déclaré.
M. Noyer lui a répliqué: la BCE "n'a pas d'objectif consistant à limiter la croissance dans la zone euro", et par la dernière hausse des taux d'intérêt, elle a voulu "contrer les pressions inflationnistes" et les pressions vers une dépréciation additionnelle du taux de change de l'euro. Pour maintenir le rythme de croissance actuel sans créer une bulle inflationniste, "nous devions adapter notre politique monétaire", a-t-il affirmé, en estimant que la vraie limite à la croissance dans la zone euro réside dans la portée des réformes structurelles: si le mouvement vers les réformes se poursuit "avec ardeur", cette croissance se poursuivra, a-t-il estimé.
Quant au conservateur britannique Tannock, il s'est demandé si la BCE n'a pas "un désir secret" d'encourager la faiblesse de l'euro afin d'augmenter les exportations de la zone euro et d'entraîner une surévaluation de la livre, avec comme résultats de mettre "à genoux" des entreprises comme Rover. Nous n'avons pas un tel "désir secret"; au contraire, nous avons dit clairement que nous voulons un euro fort, et que nous sommes confiant que ceci arrivera, a répondu M.Noyer, en ajoutant que le niveau de la livre est une affaire qui concerne les autorités britanniques , et pas la Banque centrale européenne.