Bruxelles, 10/04/2000 (Agence Europe) - Le Bureau européen des unions de consommateurs (Beuc) a réservé un accueil enthousiaste à la modification de la directive sur la sécurité générale des produits, récemment proposée par la Commission (voir EUROPE du 1er avril p. 14). "La Commission européenne et les autorités nationales vont désormais disposer des moyens pratiques pour interdire les produits dangereux et imposer leur retrait", souligne-t-il dans un communiqué, estimant qu'il s'agit là d'avancées majeures pour les consommateurs. En effet, d'après cette proposition: 1) les autorités nationales disposeront des moyens juridiques pour forcer les producteurs et les distributeurs à communiquer l'information sur les produits connus pour être dangereux, et les consommateurs auront un droit d'accès à cette information; 2) la Commission sera en mesure d'interdire en urgence un produit réputé dangereux pour une période d'un an (contre trois mois seulement actuellement) et de proscrire l'exportation vers des pays tiers des produits interdits dans l'Union; 3) tous les produits de consommation et les services aux consommateurs seront désormais couverts, y compris les produits utilisés indirectement comme les services hôteliers ou les produits et services des salons de coiffure, par exemple.
Pour le Beuc, les difficultés rencontrées par la Commission dans sa tentative d'introduire une interdiction immédiate de certains phtalates dangereux dans les jouets ont exposé au grand jour les faiblesses de la directive actuelle sur la sécurité générale des produits. "Dans un premier temps, l'industrie avait réussi, à force de lobbying, à différer l'interdiction de deux ans. Une fois décidée, l'interdiction n'a eu de validité que trois mois, et la Commission n'a pas pu imposer le retrait de ces produits des rayons en Europe. Autant d'éléments qui ont démontré l'urgente nécessité de modifier la directive pour permettre à la Commission d'interdire les produits dangereux aussi rapidement que possible", souligne le Beuc.