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Bulletin Quotidien Europe N° 7695
Sommaire Publication complète Par article 14 / 43
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/gauche unitaire

Ample participation des ONG aux rencontres de Vienne -volonté de combattre l'EXTREME DROITE partout en Europe

Vienne, 10/04/2000 (Agence Europe) - Les Journées d'études du groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique du Parlement européen consacrées, les 4 et 5 avril à Vienne, au thème "Coopération dans l'action contre l'extrême droite en Europe", ont été marquées par une intense et constructive participation de nombreuses ONG (voir EUROPE du 8 avril, page 4, au sujet de l'intervention du président du groupe Francis Wurtz).

Ces journées d'études ont permis en effet aux membres du groupe de rencontrer des représentants de divers mouvements de citoyens et organisations non-gouvernementales d'Autriche et d'autres pays européens. Willy Stelzhammer, chargé des relations internationales de "SOS Mittmensch", a souligné la nécessité d'une solidarité européenne active dans la lutte contre l'extrême droite, et a plaidé pour l'établissement d'un catalogue de droits et d'un socle commun de valeurs permettant à l'Union européenne de traiter le mal en profondeur. Le représentant de la plate-forme de citoyens suisses contre l'axe Berne-Vienne, Karl Grunberg, a jugé "particulièrement intéressant pour un militant suisse de se trouver en Europe", et a dénoncé la progression du parti extrémiste UDC du Zurichois Blocher, l'initiative qui vise à inscrire un seuil maximum de 18% de résidents étrangers dans la Constitution fédérale et "le racisme d'Etat" en Suisse. Rappelant que les racines de la politique xénophobe de lutte contre l'Überfremdung (dissolution de l'identité suisse sous le poids de l'immigration: NdR) remonte à 1932 et que les autorités suisses avaient décidé, pendant la deuxième Guerre mondiale, de ne plus accueillir de juifs au moment même où elles apprenaient l'existence des camps de concentration, M. Grunberg a affirmé que "la Suisse a montré que l'on peut s'adapter sans évoluer". Malgré une révision récente (en 1999), le "droit des étrangers" permet toujours aux autorités suisses de sélectionner les candidats à l'immigration selon leur origine, a-t-il dit. Le représentant du collectif belge contre les expulsions Daniel Liebmann a souligné combien l'image vertueuse acquise par la Belgique du fait de son refus de collaborer avec les nouvelles autorités autrichiennes contraste avec la réalité d'un pays qui pratique de véritables rafles d'immigrés et des expulsions collectives, même avec des violences (il a notamment rappelé le cas de Semira Adamou). Il a aussi évoqué le marquage des personnes expulsées et la situation des centres fermés (centres de rétention: NdR) auxquels les journalistes n'ont pas accès. M. Liebmann a constaté que l'ensemble de cette politique, conduite par un gouvernement "arc-en-ciel", a été largement saluée par l'extrême droite flamande (Vlaams Blok) dont le président a récemment jugé qu'elle mettait en oeuvre une grande partie de son programme. Le représentant du Club républicain autrichien Silvio Lehmann a constaté que la progression du FPÖ et la coalition avec l'ÖVP est le fruit de "l'implosion du centre" et de la radicalisation à droite de l'ancien parti démocrate-chrétien autrichien, mais aussi de la politique des deux principaux partis (ÖVP et SPÖ) qui se sont partagés le pouvoir en Autriche depuis l'après-guerre. M. Lehmann a dit que ces deux partis ont introduit progressivement des mesures discriminatoires sous prétexte de barrer la route à l'extrême droite et d'éviter le racisme violent, mais que, ce faisant, ils ont légitimé le discours de "Haider qui rassemble en une personne Berlusconi, Bossi et Fini". "Après huit semaines de coalition, tout continue à fonctionner normalement mais dans un Etat d'exception", a-t-il dit, en estimant que la mobilisation contre la banalisation doit se poursuivre.

Quant aux députés européens, l'Italien Giuseppe Di Lello (PRC) a dit que le phénomène n'est pas uniquement autrichien et que l'UE doit définir des valeurs communes et s'engager à les défendre efficacement. L'Espagnol Pedro Marset Campos (IU) a insisté sur la nécessité pour l'UE de demander pardon pour la colonisation, comme l'Eglise l'a fait pour l'inquisition et d'autres "erreurs" qui ont marqué son histoire, et a aussi préconisé la création d'un mouvement de "la police pour la démocratie et contre le racisme" sur le modèle des "Juges pour la démocratie". Le Finlandais Esko Seppänen (VAS) a estimé que le système de l'Etat providence empêche l'apparition de l'extrême droite dans les pays nordiques et, tout en apportant son soutien à ceux qui luttent contre le racisme, il a dit que la situation politique en Autriche n'est pas de la compétence de l'UE et s'est opposé à un boycott qui, selon lui, constitue une ingérence excessive. Le Français Fodé Sylla a souligné que l'arsenal législatif et institutionnel contre le racisme existe mais demeure sous-employé, et a fustigé les concessions faites à l'extrême droite par les partis traditionnels au niveau national mais aussi, a-t-il dit, par l'UE, avec les systèmes Eurodac, Schengen et Europol qui se concentrent sur la criminalité potentielle et servent à stigmatiser les étrangers et les populations les plus démunies. Evoquant la crise de la démocratie, Francis Wurtz a souligné trois exigences: la reconnaissance de l'intervention citoyenne, la nécessité d'un vrai débat politique qui n'élude pas la confrontation d'idées pour se complaire dans le consensus mou, et la nécessité d'une clarification des rapports entre les différents niveaux de pouvoirs et de souveraineté, pour que les citoyens s'y retrouvent.

 

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