Bruxelles, 21/03/2000 (Agence Europe) - Après le chocolat, le Conseil Marché intérieur a trouvé, la semaine dernière, un accord sur la confiture. Moins polémique, le sujet avait quand même fait l'objet de controverses entre Quinze pays aux traditions opposées. Après plus de trois ans de discussions, le texte approuvé fixe des règles communes pour la composition, la fabrication et l'étiquetage des confitures, gelées, marmelades de fruits et crème de marrons, afin d'assurer leur libre circulation dans l'Union européenne. "Chacun pourra quand même conserver ses coutumes nationales", a commenté un des négociateurs.
Le principal débat a porté sur la teneur en sucre des confitures. Avec d'un côté, les partisans du "très sucré", comme la Belgique, l'Espagne, la France et l'Italie et, de l'autre, les pays scandinaves (Danemark, Finlande, Suède) qui ont l'habitude de produits moins sucrés, comme la confiture d'airelles, qu'ils utilisent parfois pour accompagner la viande. Dans leur compromis, les Quinze se sont finalement abstenus de définir une limite inférieure impérative pour la teneur en sucre. Les "confitures", "confitures extra", "gelées", "gelées extra", "marmelades" et "marmelades-gelées" devront en général comprendre un minimum de 60% de sucre (y compris les sucres extraits des fruits), excepté les produits où le sucre a été remplacé en partie ou totalement par des édulcorants. Les Etats membres pourront toutefois déroger à cette valeur pour répondre à certains cas particuliers, et les Nordiques continuer à appeler "confiture" ce qu'ils ont toujours appelé "confiture", à condition d'indiquer sur l'étiquette leur faible teneur en sucre.
Le Royaume-Uni a, par ailleurs, obtenu une dérogation pour les confitures utilisées dans les biscuits, les pâtisseries et la boulangerie fine. Bien que ces dernières contiennent des arômes normalement interdits, elles pourront conserver leur appellation, par exemple dans les "biscuits à la confiture". Les législateurs ont en effet admis que lors de la cuisson, les arômes s'évaporent et s'intègrent dans la totalité du produit fini. Leur présence sera donc indiquée dans la liste des ingrédients. Malgré une demande britannique, cette exception n'a pas été admise pour les produits laitiers.
Après approbation formelle, ce texte sera transmis au Parlement européen pour avis. Il fait partie d'un ensemble de cinq propositions présentées en juin 1996 pour simplifier la législation européenne existante et faire le point sur les conditions d'étiquetage. Un accord politique avait été dégagé en décembre sur trois d'entre elles, portant sur les sucres, les laits de conserve déshydratés destinés à l'alimentation humaine ainsi que les jus de fruits et produits similaires. La cinquième, sur le miel, est encore à l'examen au Conseil, et est assez controversée.