Bruxelles, 11/01/2000 (Agence Europe) - A l'occasion de la réunion au niveau ministériel UE/Japon qui s'est tenue ce mardi à Bruxelles, l'Union européenne et le Japon ont adopté une déclaration commune confirmant leur appui au lancement rapide d'un round global de négociation à l'OMC. Cette déclaration et la "coordination entre l'Union européenne et le Japon avant, pendant et à la suite de la réunion de l'OMC à Seattle" sont la démonstration "de nos bonnes relations", a remarqué le commissaire aux affaires étrangères, Chris Patten, à l'issue de la réunion. Concentrée sur les relations économiques et commerciales entre l'UE et le Japon, la réunion a également porté sur la déréglementation et sur la négociation d'un accord bilatéral de reconnaissance mutuelle. Les progrès restent toutefois lents sur ces deux dossiers, a indiqué le Commissaire. Le problème est que "nous avons de bonnes vibrations avec le Japon mais il reste à les concrétiser", note un haut fonctionnaire. Voici les principaux résultats de cette rencontre:
Négociations OMC: l'Union européenne et le Japon confirment dans la "déclaration commune" leur soutien au lancement "rapide" d'un nouveau round de négociations "suffisamment large pour inclure non seulement le "built in agenda" (agriculture et services) et l'accès au marché, mais aussi le renforcement des règles et disciplines existantes comme l'anti-dumping, ainsi que l'établissement de nouvelles règles dans le domaine de l'investissement, de la concurrence et de la facilitation du commerce".
Les deux parties affirment en outre leur intérêt pour d'autres aspects comme l'environnement et l'établissement "d'un dialogue sur le commerce, la globalisation et les normes de travail". Ce dernier point marque une avancée de la négociation sur l'aspect social du commerce, à laquelle le Japon se montrait jusqu'ici réticent. Les Européens espèrent "que le Japon pourra faire le pont avec les pays asiatiques hostiles aux normes sociales comme la Malaisie", remarque une source communautaire.
La "déclaration commune" réaffirme la nécessité de fournir une assistance technique pour la mise en œuvre des accords OMC existants (c'est à dire notamment les accords sur la propriété intellectuelle) auxquels les pays en développement devaient se conformer à partir de cette année. Le Japon et l'UE conviennent de poursuivre leur initiative d'ouverture préférentielle des marchés aux pays les moins avancés membres de l'OMC. Enfin, les deux parties reconnaissent que les négociations agricoles et sur les services commenceront dans le cadre de l'OMC et du "built in agenda" convenu en 1994 à la fin de l'Uruguay round.
Le ministre japonais du commerce international et de l'industrie (MITI), Takashi Fukaya, a proposé en outre la mise en place d'un groupe de discussion informel à l'OMC pour relancer les négociations bloquées à Seattle, indiquent des sources japonaises. Un groupe de conseillers, experts et chefs d'entreprises pourraient être réunis sous la direction du directeur général de l'OMC, Mike Moore, a suggéré M. Fukaya.
Déréglementation: l'Union européenne a salué les progrès de la déréglementation du marché japonais dans les secteurs de l'automobile et de la pharmacie, a relevé le commissaire Patten devant la presse, en rappelant que le Commissaire au Commerce Pascal Lamy avait présenté en novembre dernier de nouvelles suggestions d'ouverture dans les secteurs des télécommunications et des transports. La Commission a présenté une quarantaine de demandes de déréglementation et le Japon doit présenter son deuxième programme de déréglementation en mars prochain.
Accord de reconnaissance mutuelle des certifications: la conclusion de l'accord négocié depuis quatre ans dépend toujours de la réponse du Japon, qui doit "nous dire oui ou non", a relevé Chris Patten. "Nous ne pensons pas qu'il reste grand-chose à compléter de notre côté", a-t-il ajouté. Le Japon, qui doit conclure pour la première fois ce type d'accord, semble avoir des problèmes juridiques pour faire appliquer des normes européennes par ses organismes nationaux. La réunion ministérielle ne paraît pas avoir apporté de signe encourageant dans ce domaine.
Concurrence: les deux parties ont évoqué la possibilité d'instaurer une coopération dans le domaine de la concurrence, sur le modèle de l'accord conclu entre l'UE et les Etats Unis d'une part et entre le Japon et les Etats-Unis d'autre part. Le Commissaire Mario Monti s'est rendu au Japon à l'automne pour en parler et des contacts exploratoires sont menés, avant que la Commission ne demande au Conseil de lui confier un mandat de négociation.
Consommation: Les deux parties ont évoqué le dialogue entre consommateurs lancé en novembre dernier et la Commission a proposé d'élargir à d'autres ministères japonais concernés le dialogue sur les questions spécifiques de la biotechnologie et des organismes génétiquement modifiés.
Corée du nord: "Le Japon nous a aidés au pas de notre porte en participant au financement du pacte de stabilité dans les Balkans, il est naturel que nous contribuons de notre côté au dialogue avec la Corée et je compte poursuivre les contacts avec les Japonais sur ce point", a indiqué Chris Patten.