Bruxelles, 07/01/2000 (Agence Europe) - "En Europe, 600 millions de jours de travail sont perdus chaque année par suite d'accidents du travail ou de maladies professionnelles. Ce chiffre déconcertant démontre, pour autant que de besoin, toute l'importance de la sécurité et de la santé sur les lieux du travail où nous passons en moyenne un tiers de notre vie", a déclaré Wilfried Beirnaert (groupe des employeurs, Belgique), rapporteur de l'avis d'initiative sur la " Santé et sécurité sur le lieu du travail - Application des mesures communautaires et nouveaux risques", adopté par le Comité économique et social européen (CES) lors de sa dernière session plénière de 1999, le 8 décembre à Bruxelles. "Il importe dès lors que la promotion de la sécurité et de la santé au travail constitue une préoccupation prioritaire des pouvoirs publics, des partenaires sociaux, des chefs d'entreprise et des travailleurs", a poursuivi le rapporteur, en soulignant que "cette mobilisation, qui est l'idée centrale de l'avis d'initiative, est d'autant plus prioritaire que le monde du travail subit de profonds changements. L'approche qui peut mieux contribuer à la réalisation de cet objectif majeur est de responsabiliser davantage toutes les parties concernées à tous les niveaux: communautaire, national, sectoriel, régional et local".
S'inscrivant dans la ligne d'une série d'avis précédents, cet avis présente la réponse du CES à quatre questions clés, explique le rapporteur:
1) Quel est le rôle de l'UE en matière de santé et de sécurité ? Le Comité estime que la fonction non législative de l'UE doit être promue et valorisée davantage et que le rôle de l'UE doit aussi viser la sensibilisation, l'information, la documentation, la formation et le benchmarking (càd la mise en exergue de bonnes pratiques). Par ailleurs, le Comité regrette que le programme de mesures non législatives visant à améliorer la santé et la sécurité sur le lieu du travail (SAFE) proposé par la Commission ne soit toujours pas adopté.
2) Comment rendre la législation européenne en matière de sécurité et de santé plus effective? La législation poursuit deux objectifs, écrit le rapporteur: l'un social (protéger la sécurité et la santé du travailleur sur les lieux du travail), l'autre économique (veiller à ce que les machines et produits qui circulent librement dans l'UE répondent à des normes de sécurité et d'hygiène). Pour le Comité, il importe que les niveaux de protection jugés essentiels ne puissent pas différer selon les Etats membres ou selon la taille des entreprises. De plus, l'applicabilité et l'efficacité de la législation seront davantage favorisées par des textes basés sur une meilleure répartition des rôles entre les niveaux européen et national.
3) Comment renforcer le lien entre employabilité et sécurité/santé ? Il faudrait que la préoccupation de la sécurité et de la santé au travail fasse l'objet à l'avenir d'une des lignes directrices pour l'emploi, note le Comité en ajoutant que pour assurer un meilleur lien entre employabilité, sécurité et hygiène sur les lieux du travail, il faut des actions de sensibilisation et de formation tant vis-à-vis des employeurs que des travailleurs;
4) Comment répondre aux nouveaux risques pour la santé/sécurité ? Pour le Comité, l'application de la législation aux nouveaux risques pour les travailleurs (situations de stress, plaintes psychosociales, burn out, etc.) appelle une évaluation constante de l'efficacité de ses mesures, et l'adaptation de la législation doit être basée sur une analyse des bonnes pratiques dans les pays membres.