Bruxelles, 07/01/2000 (Agence Europe) - La Commission européenne évaluera mercredi prochain (dans sa première réunion de l'an 2000) la portée juridique et la répercussion de la réserve de l'Italie relative à la ratification de l'accord de développement, de commerce et de coopération UE/Afrique du Sud (voir EUROPE du 5 janvier p.11). Parallèlement, le Comité des Représentants permanents examinera la situation du point de vue des Etats membres. Tout le monde a confiance dans une solution rapide de la divergence qui est à l'origine de la réserve de l'Italie (elle concerne l'utilisation par les producteurs sud-africains de la dénomination "grappa"); la question qui se pose est de savoir si dans l'immédiat cette réserve fait obstacle à l'application provisoire de l'accord.
A Rome, le ministère italien des Affaires étrangères a diffusé un communiqué pour souligner que la réserve de l'Italie est motivée par une question de principe est n'est d'aucune manière dirigée contre l'Afrique du Sud. Au contraire, avec ce pays, l'Italie entend intensifier les rapports dans tous les domaines, aussi bien sur le plan bilatéral que dans le cadre de l'UE. La démarche italienne se situe dans une attitude de caractère général que le gouvernement fait valoir dans toutes les instances internationales, liée à l'exigence que soit explicitement reconnu le principe de la protection des dénominations traditionnelles. Dans le cas d'espèce, l'UE a reconnu sur le plan européen l'exclusivité italienne de la dénomination "grappa", et cette exclusivité doit être reconnue et protégée au niveau international, dans l'intérêt des consommateurs et de la concurrence loyale. L'Italie est disposée à accepter pour l'Afrique du Sud une période transitoire raisonnable, ainsi qu'il a été d'ailleurs décidé pour le Porto et le Sherry.
Entre-temps, la Grèce a exprimé pour la dénomination "ouzo" (liqueur à base d'anis) des réserves analogues à celles de l'Italie par la dénomination "grappa". La production sud-africaine de "ouzo" est très limitée et ne constitue pas une menace commerciale pour la Grèce, mais Athènes estime indispensable de ne pas créer un précédent pour d'autres négociations.