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Bulletin Quotidien Europe N° 7629
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/conseil/presidence

Le président du Conseil a clarifié ses intentions concernant la préparation de la réforme institutionnelle, la dimension sécurité/défense et l'organisation des travaux du Conseil

Lisbonne, 07/01/2000 (Agence Europe) - Lors d'un entretien accordé jeudi à un petit groupe de journalistes européens, le ministre portugais des Affaires étrangères et président en exercice du Conseil depuis le 1er janvier, Jaime Gama, a passé en revue différents aspects du programme de travail de la Présidence portugaise et apporté les précisions suivantes:

Conférence intergouvernementale. "L'idée est d'ouvrir la CIG lors du Conseil Affaires générales de février", a indiqué M. Gama en précisant qu'il allait, entre-temps, écrire à ses collègues "pour clarifier certains points d'organisation, de mandat et d'ordre du jour". Pour ce qui est de la conduite des négociations, trois options sont sur la table: i) participation, sur le plan politique, d'un membre de ce Conseil par Etat membre (ce qui, "pour certains Etats membres, ne veut pas seulement dire le ministre des Affaires étrangères") ; ii) préparation des travaux, pour chaque Etat membre, "par une personne nommée par le gouvernement", celle-ci pouvant être "le Représentant permanent, le Directeur général (du ministère des Affaires étrangères: NdlR) ou quelqu'un d'autre pour certains Etats membres"; iii) "certains plaident maintenant pour une troisième solution" qui verrait le Représentant permanent se charger de la préparation technique et le ministre des Affaires étrangères des décisions politiques, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes opérant le lien entre les deux niveaux. "Le Conseil Affaires générales discutera du problème en profondeur pour trancher les options avant le début de la CIG", a indiqué M. Gama.

En ce qui concerne l'ampleur des réformes à décider et le calendrier à respecter dans la perspective des élargissements, le ministre portugais des Affaires étrangères s'est montré plus prudent que le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Francisco Seixas da Costa (voir EUROPE d'hier, pp. 3/4). "Nous avons un mandat limité au triangle (les trois points du reliquat d'Amsterdam: NdlR), mais nous pouvons y ajouter des éléments", a-t-il dit. Dans cette optique, la Présidence portugaise s'emploiera à "organiser un débat rationnel" en vue de: a) "définir des options de solutions précises" pour ce qui est du reliquat, à savoir des questions pour lesquelles les Quinze ont déjà "tout étudié" (en vue du rendez-vous d'Amsterdam) et dont ils connaissent "toutes les options par coeur" ; b) "souligner quelques voies de consensus pour les sujets pouvant être ajoutés" à la négociation. M. Gama est toutefois d'avis que les travaux sur ces autres thèmes n'iront pas très loin dans la substance et qu'il "ne s'agira pas d'une grande révision du Traité", mais bien d'une "révision ponctuelle". A ses yeux, une reprise des travaux sur les coopérations renforcées est prématurée dans la mesure où il n'y a eu, sur ce plan, "aucun projet depuis Amsterdam" (et de toute manière, a-t-il ajouté, "cette discussion, on ne peut l'imposer de l'extérieur).

Dimension de sécurité et de défense. Le Portugal organisera une réunion informelle des ministres de la Défense de l'UE, ainsi que l'avait fait l'Autriche lors de sa Présidence. Cette rencontre aura lieu "dans le courant du premier trimestre", mais en tout cas pas en marge de la réunion informelle de type Gymnich à laquelle ne seront conviés que les ministres des Affaires étrangères. En outre, "il y aura une participation progressive des ministres de la Défense au Conseil Affaires générales à des moments spécifiques", à savoir lorsque les documents destinés au Conseil européen de juin seront discutés. "Nous testerons l'implication des ministres de la Défense", a résumé M. Seixas da Costa en précisant: "Nous pensons que nous devons travailler plus étroitement avec eux". Pour ce qui est du document qui sera à soumettre aux chefs d'Etat et de gouvernement, M. Gama a indiqué qu'il viserait à "élaborer un concept plus articulé, à présenter certains types de réglementations pour les relations entre l'UE et l'UEO, d'une part, l'UE et l'Otan, de l'autre". La Présidence s'emploiera aussi à "accélérer la mise en place des organes intérimaires". Sur l'ensemble de cette problématique, "nous commençons à travailler avec M. Solana", a ajouté M. Gama en indiquant que des contacts seraient noués avec les Etats-Unis et le Canada, la Norvège, les pays neutres de l'UE (Autriche, Irlande, Finlande et Suède), les pays candidats ("surtout avec la Hongrie, la Pologne et la République tchèque", qui sont membres de l'Otan) et la Turquie. La Présidence aura, dans cet exercice, "un impératif", avait précisé M. Seixas da Costa, à savoir "la nécessité que l'ensemble du modèle soit compatible avec les engagements envers l'Otan". Et le secrétaire d'Etat de préciser dans la foulée: "Mais nous devons en même temps tenir compte des sérieuses préoccupations qui existent dans des pays traditionnellement neutres".

Organisation des travaux du Conseil. "Nous sommes à la veille de l'inauguration d'un nouveau type de Présidence", a expliqué M. Gama en indiquant qu'il se rendrait à ce propos, en compagnie de Javier Solana, au Danemark, en Suède, Finlande, Grèce et Allemagne. "Nous essayons d'avoir une meilleure coordination pour rendre le travail du Conseil Affaires générales plus efficace" (par le biais, entre autres, d'une "diminution des personnes qui assistent aux réunions"), a-t-il ajouté en précisant que MM. Solana et de Boissieu avaient procédé à une "évaluation plus pratique" des idées contenues dans le rapport Trumpf-Piris. Enfin, Jaime Gama a indiqué que la Présidence présenterait au Comité des Représentants de la semaine prochaine des idées pour coordonner de façon plus efficace les dossiers communautaires et ceux qui relèvent de la politique extérieure.

Russie/Tchétchénie. La Présidence portugaise "n'a pas été chargée de préparer des sanctions, mais une révision de la Stratégie commune", a indiqué M. Gama en rappelant que la Commission devait, de son côté, "préparer une nouvelle allocation de fonds dans le cadre de la coopération entre l'UE et la Russie". "C'est ce que nous ferons", a-t-il ajouté en précisant que les Quinze essaieraient "d'articuler leurs efforts" avec la Présidence norvégienne de l'OSCE.

Afrique. "Il est temps de faire une proposition globale pour une stratégie de partenariat avec l'Afrique", à l'instar de celles nouées par l'UE avec l'Amérique latine (Pacte andin, Mercosur) et l'Asie (Asean, Asem). M. Gama a précisé qu'il attendait, "sans doute à la mi-janvier", une réponse du côté africain pour l'éventuelle organisation d'un sommet UE-Afrique.

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