La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé que l'Union européenne investira jusqu'à 200 millions d'euros de subventions dans des projets de connectivité - transports, énergie et infrastructures numériques dans l'ensemble du Caucase du Sud - dans le cadre de la stratégie d'investissement Global Gateway de l'UE.
« Ce financement pourrait permettre de mobiliser jusqu'à 2 milliards d'euros d'investissements publics et privés », a déclaré Mme von der Leyen lors d'une conférence de presse conjointe, sans questions, avec le président azerbaïdjanais, Ilham Aliyev.
« Nous voulons favoriser la paix grâce à la connectivité », a-t-elle expliqué, félicitant M. Aliyev pour son « leadership » dans le lancement de l'accord de paix avec l'Arménie, conclu en août sous l'impulsion du président américain, Donald Trump.
Mme von der Leyen a indiqué que les projets susceptibles de bénéficier de ce soutien pourraient notamment comprendre la ligne ferroviaire vers le Nakhitchevan ainsi que le développement du port de Bakou.
Selon une source de la Commission européenne, sur les 200 millions d'euros annoncés, 100 millions seront consacrés à des projets en Arménie et 100 millions à des projets en Azerbaïdjan d'ici 2027. Cette enveloppe s'ajoute aux investissements pouvant atteindre 2 milliards d'euros destinés aux projets stratégiques de connectivité dans la région de la mer Noire et du Caucase du Sud, annoncés le 23 juin, a précisé la même source.
Mme von der Leyen, qui doit se rendre en Arménie le 2 juillet, a également annoncé une enveloppe de 20 millions d'euros en faveur d'un programme de soutien à la paix destiné aux populations vivant dans les régions frontalières. Ce programme financera des projets dans les domaines des soins de santé, du déminage, du développement rural, de la gestion de l'eau, de l'agriculture de précision ainsi que du soutien aux petites entreprises.
« La paix est désormais une réalité, mais nous devons travailler sans relâche pour la consolider, la rendre durable et permanente », a déclaré le président Aliyev. Il a estimé que le processus de normalisation progressait « avec succès » et a mis en avant les nombreuses « mesures unilatérales » prises par l'Azerbaïdjan, affirmant que son pays avait déjà « levé toutes les restrictions » au transit de marchandises vers l'Arménie, commencé à fournir de l'essence à ce pays et remercié l'Union européenne pour son soutien.
Renforcer la coopération dans le domaine de l'énergie, notamment des énergies renouvelables, et approfondir le partenariat économique. Mme von der Leyen a estimé que l'Azerbaïdjan avait « démontré qu'il était un partenaire énergétique fiable et de confiance pour l'Union européenne » après que la Russie avait coupé les exportations de gaz vers l’Europe, en 2022. Elle s'est félicitée des projets du pays visant à développer l'éolien en mer, estimant que l'Azerbaïdjan disposait du potentiel nécessaire pour devenir un pôle régional de production et d'exportation d'électricité. Elle a également qualifié de « très intéressant » le projet de câble électrique reliant l'Azerbaïdjan à l'Arménie.
M. Aliyev a rappelé que, depuis la signature, il y a quatre ans, du protocole d'accord avec l'Union européenne dans le domaine de l'énergie, les exportations de gaz naturel de l'Azerbaïdjan vers l'UE avaient augmenté de près de 65%. Aujourd'hui, le pays fournit du gaz à dix États membres de l'Union. Il a également estimé que les deux parties pouvaient devenir des « partenaires stratégiques » dans le domaine des énergies renouvelables, précisant que l'Azerbaïdjan avait déjà signé des contrats avec plusieurs entreprises pour développer une capacité de production de huit gigawatts d'énergie solaire et éolienne au cours des cinq à six prochaines années, tout en assurant que cette capacité augmenterait encore.
Évoquant la perspective d'un approfondissement du partenariat économique entre l'Union européenne et l'Azerbaïdjan, Mme von der Leyen a jugé que la reprise des discussions en vue d'un nouvel accord global constituait « une étape importante », susceptible d'ouvrir de nouvelles perspectives commerciales. Elle a assuré que la Commission travaillerait avec l'Azerbaïdjan afin de faire progresser ces négociations. (Ana Pisonero Hernández)