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Bulletin Quotidien Europe N° 13843
GUERRE AU MOYEN-ORIENT / Énergie

L'UE évalue les risques sur la sécurité d'approvisionnement, face à une crise « plus grave que celles de 1973, 1979 et 2022 réunies », selon l'AIE

Face aux risques de plus en plus pressants pour la sécurité d'approvisionnement énergétique - directement liés au conflit au Moyen-Orient -, la Commission européenne continue à suivre la situation de près.

La semaine dernière, le commissaire européen à l'Énergie, Dan Jørgensen, a alerté sur une potentielle perturbation de l’approvisionnement en diesel et en kérosène pour l’aviation (EUROPE 13840/1).

Pour discuter de ces enjeux, une nouvelle réunion du groupe pour la coordination pétrolière est prévue ce mercredi 8 avril, suivie d’une réunion du groupe pour la coordination gazière le lendemain.

« La première étape consiste à (...) entendre la voix des États membres sur leur situation, notamment en ce qui concerne les carburants d'aviation. Il s'agit en grande partie de contrats privés entre transporteurs aériens, compagnies aériennes et fournisseurs », a précisé une porte-parole de la Commission, Anna-Kaisa Itkonen, mardi 7 avril.

Initiatives coordonnées à l'échelle de l'UE. Plus largement, la Commission entend s’attaquer aux prix élevés de l’énergie en Europe et compte publier prochainement une 'boîte à outils' de mesures ciblées, comprenant des propositions pour agir sur les prix de l'électricité, les frais de réseau ou encore la tarification des émissions de CO2 (EUROPE 13840/1).

« Nous allons maintenant adopter une perspective globale en tenant compte de la situation actuelle », a ajouté Mme Itkonen. Elle a également insisté sur le fait que, depuis la crise énergétique de 2022, les États membres disposent de solutions comme l’instauration de tarifs réglementés temporaires pour les ménages vulnérables et la mise en place de prix de détail plus bas pour récompenser les citoyens participant à la gestion de la demande.

Par ailleurs, une série d’États membres ont pris part volontairement à la libération collective de 400 millions de barils de pétrole issus des réserves d'urgence des pays de l’Agence internationale de l'Énergie (AIE), le 11 mars (EUROPE 13826/1).

La Commission a également la possibilité de libérer elle-même des stocks, conformément à la directive sur les stocks pétroliers de 2009. Les initiatives au niveau national sont également autorisées, mais cela doit être systématiquement notifié à la Commission européenne, afin qu'elle puisse contrôler et assurer, à terme, une réserve stable de pétrole correspondant à 90 jours d'importations nettes quotidiennes moyennes. 

Une crise jugée « plus grave que celles de 1973, 1979 et 2022 réunies ». Le ton du directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, se voulait plus alarmiste, ce mardi, concernant la situation au Moyen-Orient, comme en témoigne une interview accordée au quotidien français Le Figaro. La crise des prix de l’énergie découlant du blocage du détroit d’Ormuz, dans le cadre d’un conflit initié par l'attaque israélo-américaine contre l’Iran le 28 février dernier, est « plus grave que celles de 1973, 1979 et 2022 réunies », selon lui.

Il a fait ainsi référence aux deux chocs pétroliers des années 70 et à la crise énergétique qui a secoué l’Europe en 2022, après l’invasion de la Russie en Ukraine.

L'un des hommes les plus scrutés du moment a souligné que cette nouvelle crise n’obstruait pas seulement les approvisionnements en pétrole et en gaz, mais également les engrais, la pétrochimie ou encore l'hélium.

Si le détroit d’Ormuz reste fermé tout le long du mois d’avril, « nous perdrons deux fois plus de pétrole brut et de produits raffinés qu'en mars », a-t-il alerté, regrettant également les dommages causés à une soixantaine d’infrastructures énergétiques dans la région.

Tout ceci s'inscrit dans un contexte d'extrême tension, l'Iran ayant explicitement menacé ce mardi de mener des actions contre des infrastructures qui « priveront les États-Unis et leurs alliés de pétrole et de gaz de la région pendant des années ». Une menace proférée à quelques heures de l'expiration d'un nouvel ultimatum du président américain, Donald Trump, intimant à Téhéran de rouvrir le détroit d'Ormuz sous peine de détruire des infrastructures essentielles en Iran. (Pauline Denys)

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