« Nous l'avons toujours souligné, et nous le soulignons encore : l'UE doit être proactive, perspicace, et avoir une vision à long terme » en matière de défense ainsi qu’une approche globale, « à 360 degrés », qui inclue tous les types de menaces et toutes les zones géographiques de l’UE, a indiqué le 1er avril devant un groupe de journalistes Panayiotis Hadjipavlis, le directeur du département Défense au sein du ministère du même nom de la République de Chypre.
« Depuis quelques années, la défense est devenue une priorité pour l'UE. Nous avons insisté sur l'approche globale au sein des institutions européennes. (...) Nous étions parmi les rares pays à privilégier cette approche globale, car nous souhaitions être proactifs plutôt que réactifs », a ajouté le responsable, à quelques semaines d’un sommet informel des Vingt-sept, à Nicosie, qui aura également la défense et la situation au Moyen-Orient à son ordre du jour.
« Nous devons planifier sur le long terme, au lieu de réagir au coup par coup et de toujours réagir à l'actualité, en tenant compte de l'évolution rapide de la situation géopolitique ».
Adopter « une approche à 360 degrés implique d'analyser toutes les menaces qui pèsent sur nos citoyens et sur les États membres de l'UE, qu'elles soient existantes, nouvelles, émergentes ou latentes. Malheureusement, cela n'a pas été le cas. L'Union européenne reste trop souvent monothématique », la plupart des responsables se concentrant essentiellement sur l'Ukraine, a ajouté le directeur.
« Nous soutenons l'Ukraine, bien sûr. C'est d'ailleurs l'une des priorités de notre présidence », mais « la situation actuelle au Moyen-Orient et au Proche-Orient ne fait que confirmer » la position défendue de longue date par Chypre, consistant à prendre en compte toutes les zones géographiques de l’UE sous tension. Une position également partagée par l’Espagne, la Grèce ou l’Italie, a ajouté le responsable.
« L'invasion russe de l'Ukraine a marqué un tournant et a bouleversé la donne pour la politique mondiale et européenne. Cependant, l'agression russe persistante n'est pas un phénomène isolé. La région instable du Moyen-Orient, véritable poudrière, l'instabilité alarmante au Proche-Orient et la situation politique tendue au Sahel ne sont que quelques exemples, dans notre voisinage immédiat, de problèmes qui nécessitent une attention particulière », a encore expliqué le responsable.
Panayiotis Hadjipavlis a encore précisé, lors de ce briefing, les orientations d’investissement des fonds reçus dans le cadre du programme SAFE.
Le pays a reçu 1,18 milliard d’euros. « Nous sommes actuellement en discussion avec nos partenaires, les autres États membres, sur des programmes communs et sur des programmes individuels que nous devons finaliser d'ici la fin mai », a ajouté le responsable.
Les dépenses de SAFE iront principalement aux munitions de différents types, à des véhicules blindés, neufs ou modernisés, et des drones de différents types (reconnaissance, surveillance), drones d'attaque, drones kamikazes ou des systèmes anti-drones.
D’une manière générale, a encore dit le directeur, Chypre s'engage « à mettre à profit sa présidence pour consolider la sécurité collective, améliorer la préparation opérationnelle et favoriser une coopération concrète au sein de l'UE et avec d'autres partenaires stratégiques ». (Solenn Paulic)