À l’occasion d’une conférence organisée lundi 2 février par Oxfam et Hadja Lahbib, commissaire européenne chargée de l'Égalité, de l'état de préparation et de la gestion des crises, plusieurs experts de l'Académie de Genève de droit international humanitaire ont présenté les conclusions de leur deuxième rapport annuel sur les crimes de guerre à travers le monde. Intitulé War Watch et rendu public le même jour, il analyse 23 conflits armés entre juillet 2024 et fin 2025.
Le rapport dresse un bilan accablant de l'« impunité rampante » face aux violations du droit international. Les experts estiment que le nombre de civils tués a largement dépassé les 100 000 pour chacune des deux dernières années, déplorant un usage « épidémique » des violences sexuelles comme moyen de contrôle territorial. Ils soulignent également l’expansion fulgurante de la guerre par drones et qualifient, pour la première fois, la violence des gangs en Haïti de « conflit armé ».
Devant la situation, l'étude exhorte les États à cesser les transferts d’armes vers les zones de conflit et à soutenir systématiquement les poursuites judiciaires internationales. « Que le droit international humanitaire continue de fonctionner comme une contrainte réelle sur la guerre ou qu'il s'efface dans le symbolisme dépend entièrement des choix que les États font maintenant », a averti Stuart Casey-Maslen, auteur principal du rapport.
Hadja Lahbib a qualifié ces conclusions d'« appel à l'action » pour l'UE. Alors que la Commission prépare une nouvelle politique humanitaire, l'expertise technique est, selon elle, « indispensable pour renforcer la diplomatie humanitaire et prévenir de nouveaux dommages aux civils ».
Le rapport complet : https://aeur.eu/f/kjr (Justine Manaud)