login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13783
POLITIQUES SECTORIELLES / CompÉtitivitÉ

Matières premières rares - la Commission européenne veut sonder la volonté des Vingt-sept d'établir un « partenariat stratégique » avec les États-Unis

Les relations transatlantiques ne sont pas au meilleur de leur forme, mais la Commission européenne n’a pas renoncé pour autant à négocier un protocole d'accord (Memorandum of Understanding) avec les États-Unis pour établir un partenariat stratégique sur les matériaux rares.

Alors que l'institution a déjà initié près d'une quinzaine de dispositifs de ce type qui permettent à des partenaires commerciaux d’acheter des matières premières à des prix plus favorables - les derniers en date ayant été actés avec l’Afrique du Sud, le Canada et bientôt le Brésil -, les experts des États membres, réunis lundi 12 janvier en groupe de travail 'Compétitivité et Croissance', seront en effet invités à lui dire s’ils veulent concrétiser ces négociations, alors que les tensions se sont multipliées ces derniers mois entre les deux partenaires et que les récentes velléités américaines au Groenland, notamment sur les ressources minérales, n'ont rien arrangé.

Cette idée de protocole d'accord et d'accord sur les matières premières est née dans la foulée de l’Inflation reduction Act (IRA) américain, promulgué par Joe Biden en 2022 et qui avait inquiété les Européens, craignant entre autres de voir partir l’industrie automobile européenne aux États-Unis (EUROPE 13116/5, 13138/21) grâce à ce crédit d'impôt pour les véhicules propres.

Pour bénéficier de la subvention maximale, un véhicule devait en effet notamment être équipé d'une batterie dont une partie au moins des minéraux critiques a été recyclée en Amérique du Nord ou extraite et transformée aux États-Unis ou dans un pays ayant conclu un accord de libre-échange ou un accord de marché global (AMG) avec les États-Unis.

Actée entre Ursula von der Leyen et Joe Biden, la conclusion d'un accord ciblé sur les minéraux critiques devrait alors permettre aux minéraux critiques concernés, extraits ou transformés dans l'UE, d'être pris en compte pour le calcul de certains critères d'éligibilité au crédit d'impôt pour véhicules propres au titre de l'IRA, et de contribuer au développement des chaînes d'approvisionnement UE-États-Unis.

L’idée est toujours actuellement de consolider ces chaînes d'approvisionnement et l'administration Trump aurait récemment exprimé un nouvel intérêt pour un tel dispositif et envoyé quelques signaux en ce sens aux Européens.

Les États-Unis, qui se sont lancés dans une course frénétique à la réduction de toutes leurs dépendances en matières premières, ont, par exemple, une dépendance à l'égard de l'UE pour des matières premières minérales spécifiques comme l'hélium, des minerais (fer) ou certaines argiles et zéolites.

Pour la Commission, la logique serait en tout cas à ce jour de chercher à concrétiser ce protocole d'accord et ce futur accord pour tenter d’apaiser le contexte transatlantique actuel. La multiplication des initiatives de ce type lui apparaît aussi encore plus pertinente au moment où l'UE s'apprête à se doter de son Centre européen sur les matières premières.

Une réunion du G7 portera en tout cas spécifiquement sur les matériaux rares, lundi 12 janvier à Washington, où se rendra le commissaire Valdis Dombrovskis. (Solenn Paulic)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
BRÈVES