La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé, vendredi 9 janvier à Damas, un nouveau cadre de coopération avec la Syrie lors d’une rencontre avec le président syrien, Ahmed al-Charaa, en présence du Président du Conseil européen, António Costa.
Ce nouveau cadre repose sur trois piliers : un nouveau partenariat politique, une coopération économique et un soutien financier de l’UE.
Ainsi, l’Union compte lancer un dialogue politique de haut niveau au premier semestre 2026, qui « permettra d'examiner ensemble comment l'UE peut au mieux soutenir la Syrie sur la voie du redressement, de la reconstruction et de la paix civile », selon la présidente de la Commission. Elle a fait part de ses préoccupations concernant l’escalade de la violence ces derniers jours à Alep, estimant que la poursuite du dialogue entre toutes les parties était « urgente ».
« Nous soutenons votre engagement à atteindre l'objectif d'une Syrie nouvelle, pacifique, inclusive et sûre », a promis Mme von der Leyen. M. Costa a salué les « mesures importantes » prises par les nouvelles autorités pour reconstruire le pays et soutenu l'indépendance, l'intégrité territoriale et la souveraineté de la Syrie.
Concernant la coopération économique, au-delà de la levée des sanctions économiques de l’Union en 2025 et de l’invitation de l’UE à la Banque européenne d'investissement à reprendre ses activités en Syrie, Mme von der Leyen souhaite discuter de la reprise de l’Accord de Coopération, signé en 1977 et suspendu depuis 2011, « afin que la Syrie puisse à nouveau bénéficier de l'accès au marché économique européen ».
La présidente a plaidé pour un soutien financier d’environ 620 millions d’euros pour cette année et l'année prochaine. « Ce soutien financier comprendra bien sûr l'aide humanitaire, mais aussi un soutien au redressement rapide et une aide bilatérale », a-t-elle indiqué, précisant qu’après des années de dévastation sous le régime d'Assad, les besoins de la Syrie en matière de redressement et de reconstruction étaient immenses.
Selon Mme von der Leyen, ce soutien est « indispensable pour aider le gouvernement à rétablir les services essentiels à la population et à reconstruire les institutions de l'État ».
Réfugiés syriens. En marge de sa visite en Syrie et d'une autre au Liban, Ursula von der Leyen a annoncé la signature d’un programme de 80 millions d’euros afin de soutenir le retour et la réintégration des réfugiés syriens dans leur pays d’origine.
La présidente de la Commission a réitéré sa volonté de faire en sorte « que les Syriens aient une réelle perspective de rentrer chez eux et de reconstruire leur vie là-bas », comptant sur une intensification de « la collaboration avec nos partenaires régionaux, notamment la Turquie, la Jordanie, le Liban et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), afin de favoriser des retours volontaires, sûrs et dignes ».
Dans une déclaration commune publiée la veille, jeudi 8 janvier, la Commission européenne prenait justement note des conclusions du HCR selon lesquelles les conditions nécessaires « ne sont actuellement pas réunies pour un rapatriement massif » des Syriens.
Depuis Beyrouth, Ursula von der Leyen a également salué la « remarquable solidarité » dont a fait preuve le Liban en accueillant « l’une des populations de réfugiés syriens les plus importantes au monde ». (Camille-Cerise Gessant et Justine Manaud)