L'Union européenne et ses partenaires des Balkans occidentaux ont finalisé, vendredi 31 octobre à Sarajevo, leur réunion ministérielle consacrée aux Affaires intérieures et à la Justice par des engagements communs en matière de justice, dont l’indépendance du système judiciaire et la défense de l’État de droit.
La veille, ils avaient réaffirmé « leur engagement commun à lutter contre la criminalité en ligne et le terrorisme » (EUROPE 13742/8) ainsi que « contre les migrations irrégulières, en renforçant la protection des frontières et en combattant le trafic de migrants et la traite des êtres humains, notamment grâce à une coopération renforcée entre Frontex et ses partenaires des Balkans occidentaux », relate un communiqué.
En matière de justice, les deux parties ont discuté vendredi des « évolutions récentes concernant l’indépendance de la justice et des moyens de renforcer sa résilience grâce à la protection contre les ingérences politiques indues et les pressions publiques ainsi que par des réformes judiciaires. L’UE a encouragé ses partenaires des Balkans occidentaux à traiter, surveiller et sanctionner les cas de pressions exercées sur les magistrats et à garantir la protection des personnes et des institutions concernées », indique le communiqué.
L’UE les a encore appelés à tirer pleinement parti de la coopération avec les agences et organes compétents de l’UE, notamment Eurojust. Ils ont aussi parlé de défense de la démocratie et de l’intégrité des élections.
« Notre réunion arrive à point nommé, juste avant l'adoption des rapports annuels sur l'élargissement. Les sujets que nous avons abordés aujourd'hui sont donc cruciaux pour l'adhésion à l'UE », a commenté le commissaire européen à la Justice, Michael McGrath.
« J'ai insisté sur l'importance d'un pouvoir judiciaire indépendant. (…) Je constate avec inquiétude que les systèmes judiciaires de la région subissent des pressions croissantes, qu'elles proviennent du pouvoir exécutif, du pouvoir législatif ou du public. Il est également nécessaire de renforcer la protection contre les ingérences des groupes criminels organisés », a ajouté le commissaire.
« Notre réponse doit impérativement inclure des sanctions contre ceux qui tentent d'interférer. Nous considérons également la lutte contre la corruption comme essentielle au respect de l'État de droit et à la protection des garanties démocratiques ».
« Nous avons également discuté aujourd'hui de l'importance d'une coopération rapide et efficace, notamment dans le cadre d'Eurojust et du Parquet européen », essentielle dans la lutte contre les groupes criminels organisés opérant dans les Balkans occidentaux. (Solenn Paulic)