Une délégation de treize eurodéputés est revenue du Brésil, vendredi 25 juillet, où ils ont rencontré différents acteurs locaux et ont pu aborder le sujet de l’accord de commerce UE/Mercosur sous plusieurs aspects. Les élus y ont notamment rencontré le vice-président brésilien, chargé du Commerce, Geraldo Alckmin, ainsi que des membres du gouvernement, des représentants d’entreprises et de la société civile.
Chacun des membres de la délégation a retenu des éléments différents, selon ses affinités politiques. La Belge Saskia Bricmont (Verts/ALE) et sa collègue française Manon Aubry (La Gauche) ont dénoncé le fait que l’accord UE/Mercosur profiterait surtout aux géants agricoles brésiliens et nuirait aux petites exploitations familiales, selon elles.
En revanche, selon le président de la délégation pour les relations avec le Brésil au PE, Hélder Sousa Silva (PPE, portugais), l’accord UE/Mercosur est la meilleure perspective pour les petits paysans. Chaque agriculteur va bénéficier des préférences tarifaires à son échelle, selon la Confédération nationale de l’agriculture brésilienne, que le député cite. Et d’ajouter : « Il est clair que ceux qui ont une plus grosse production vont bénéficier plus que les petits, mais il n’y a pas d’exclusion des petits agriculteurs dès le départ ».
Il maintient la même logique pour ce qui est de la protection des populations indigènes au Brésil, menacées par la déforestation : l’accord UE/Mercosur comporte des garanties qui empêchent la déforestation, selon lui. En comparaison, un potentiel accord avec la Chine ne garantirait probablement rien à ces peuples, a-t-il insisté auprès d'Agence Europe.
Contrôles phytosanitaires. Plusieurs élus qui ont participé au voyage - dont Marie-Pierre Vedrenne (Renew Europe, française), Saskia Bricmont et Manon Aubry - se sont inquiétés du faible taux de contrôle des marchandises destinées à l’exportation. Lors de la visite du port de Santos, les eurodéputés ont appris qu’une trentaine de personnes seulement s’employaient à contrôler plusieurs dizaines de millions de tonnes de marchandises par an destinées à l’UE. Pour Mme Vedrenne, cet exemple interpelle et mérite des clarifications de la part de la Commission européenne.
Quant au chef de délégation, Bernd Lange (allemand, S&D), il a trouvé la visite du port impressionnante et a dit espérer que l’accord améliore véritablement le commerce entre les deux blocs « au bénéfice des populations sur le terrain », comme les travailleurs du port, par exemple. (Léa Marchal)