Prévue pour mardi 13 mai, la visite en Serbie du président du Conseil, António Costa, a du mal à passer auprès de nombreux élus européens.
Dans une lettre initiée par l'ancien ministre estonien de la Défense et actuel eurodéputé, Riho Terras (PPE), une trentaine d'élus, issus des rangs des Sociaux-Démocrates, Renew Europe, du PPE et même des Conservateurs et réformistes (CRE), exhortent le président du Conseil européen à renoncer à ce voyage « problématique », qui pourrait être interprété comme un « soutien à quelqu'un qui cautionne un criminel de guerre ».
« Dans le monde de la diplomatie, ces visites sont loin de représenter une simple formalité - ce sont des gestes de soutien. La présence du président [serbe] Aleksandar Vučić [à la parade militaire du 9 mai] équivaut à une approbation des crimes de guerre commis par Poutine », s'indignent les signataires.
Dans un post sur X, le député estonien estime que la présence du chef d'État serbe Vučić « contredit les valeurs de l'Union européenne et témoigne d'un soutien au génocide ukrainien ».
L’attitude de plus en plus ouverte du dirigeant serbe envers la Russie alarme et exaspère une grande partie des responsables européens, tant au sein du Parlement que chez les Vingt-Sept.
« Lorsque nous discuterons des prochaines étapes [vers l'adhésion à l'UE], les États membres auront alors beaucoup de questions à poser », a déclaré la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, le 9 mai. « Notamment : qui est l'ami avec lequel vous traitez réellement ? »
Voir la lettre : https://aeur.eu/f/gro (Isalia Stieffatre)