Les dirigeants français, allemand, polonais, britannique et ukrainien sont convenus, samedi 10 mai, qu’il devrait y avoir un cessez-le-feu complet - dans les airs, en mer et sur terre - et inconditionnel, qui, « par définition, ne peut être soumis à aucune condition » pendant au moins 30 jours en Ukraine, à partir de lundi 12 mai.
Dans leur communiqué, les cinq dirigeants européens ont estimé que « si la Russie demandait de telles conditions, cela ne peut être considéré que comme une tentative de prolonger la guerre et de saper la diplomatie ».
Selon les présidents, les Premiers ministres et le chancelier, le cessez-le-feu devrait durer au moins 30 jours pour laisser la place à la diplomatie. « Au cours de cette période, le travail diplomatique devrait se concentrer sur la définition des fondements sécuritaires, politiques et humanitaires de la paix », selon leur déclaration publiée à l'Élysée.
Lundi dans la journée, la Russie n’avait toujours pas accepté ce cessez-le-feu et les combats continuaient. Moscou, de son côté, a proposé des pourparlers jeudi en Turquie, proposition acceptée par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui se rendra en Turquie, mais le président russe, Vladimir Poutine, n'a pas encore confirmé sa venue. Le président américain, Donald Trump, envisagerait de s'y rendre également.
Le respect d’un cessez-le-feu était une condition préalable pour des discussions. Samedi, lors de la réunion des membres de la 'coalition des volontaires' par visioconférence, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait apporté son plein soutien à la proposition d’un cessez-le-feu sans condition de 30 jours, « permettant de commencer un processus de négociations de paix ». Une position réitérée lundi par la Haute Représentante de l’UE et les ministres des Affaires étrangères du Weimar+ (France, Allemagne, Pologne, Italie, Espagne et Royaume-Uni), le Français Jean-Noël Barrot jugeant qu' « on ne peut pas négocier sous les bombes et les attaques de drones », et dénoncée par le Kremlin, qui rejette tout ultimatum.
Préparation de nouvelles sanctions. Pour les dirigeants européens, « si la Russie refusait un cessez-le-feu total et inconditionnel, des sanctions plus sévères devraient être adoptées contre les secteurs bancaire et énergétique, ciblant les combustibles fossiles, le pétrole et la 'flotte fantôme' ».
Les Européens discutent actuellement du 17e paquet de sanctions, qui vise notamment près de 200 navires liés à la 'flotte fantôme' russe. Les ambassadeurs pourraient donner leur accord au paquet ce mercredi, pour une adoption lors du Conseil du 20 mai.
Jean-Noël Barrot a expliqué qu'il avait été demandé à la Commission européenne de préparer des sanctions supplémentaires, qui seraient « massives » et viseraient les secteurs énergétiques et financiers pour contraindre Vladimir Poutine « à rentrer dans une logique de paix ». Ces sanctions européennes seraient coordonnées avec celles imposées par le Royaume-Uni et la Norvège ainsi que par les États-Unis.
Renforcer la défense ukrainienne. Les dirigeants européens ont aussi souligné l'« importance cruciale » du renforcement des forces de défense et de sécurité de l'Ukraine, « qui constituent la première garantie de la souveraineté et de la sécurité de l'Ukraine ». « Une force de réassurance ('contingent') devrait également constituer un élément clé des garanties de sécurité pour l'Ukraine », ont-ils estimé.
De plus, les dirigeants se sont dits prêts à renforcer davantage la défense de l'Ukraine, en particulier l'armée. « Cela devrait inclure le financement de la résilience de la défense et l'investissement dans la production d'armes à la fois en Ukraine et dans les pays européens dans le cadre de projets conjoints », ont précisé les Européens (voir autre nouvelle).
Lundi, les ministres des Affaires étrangères des pays du Weimar+ et la Haute Représentante de l'UE ont annoncé avoir décidé de collaborer avec l'Ukraine sur des initiatives visant à renforcer les forces armées ukrainiennes, à reconstituer les stocks de munitions et d'équipements et à renforcer encore les capacités industrielles.
Voir la déclaration des dirigeants européens : https://aeur.eu/f/gry
Voir celles des ministres : https://aeur.eu/f/gs1 (Camille-Cerise Gessant)