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Bulletin Quotidien Europe N° 13633
POLITIQUES SECTORIELLES / Recherche

Ursula von der Leyen annonce une nouvelle enveloppe de 500 millions d'euros sur la période 2025-2027 afin d'attirer les chercheurs en Europe

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a annoncé qu’une nouvelle enveloppe de 500 millions d'euros pour la période 2025-2027 serait proposée afin de faire de l'Europe un pôle d'attraction pour les chercheurs, lundi 5 mai, lors de l’événement ‘Choisir l'Europe pour la science’, à La Sorbonne à Paris (EUROPE 13631/10).

Ce financement s’accompagnerait d’une nouvelle « super-subvention » d'une durée de sept ans, dans le cadre du Conseil européen de la recherche, afin d'offrir une perspective à plus long terme aux meilleurs chercheurs. « Grâce au Conseil européen de la recherche, nous soutenons déjà les chercheurs qui s'installent en Europe en leur accordant un complément à leur bourse. Nous doublons maintenant le montant qu'ils peuvent recevoir cette année. Et je veux prolonger ce soutien pour les années 2026 et 2027 », a-t-elle expliqué lors de son discours.

Préserver la liberté académique et la circulation des connaissances. Cette initiative intervient alors que le président des États-Unis, Donald Trump, a coupé nettement dans les dépenses dédiées à la recherche et limité la liberté académique. Si la présidente de la Commission n’a pas nommément évoqué la situation américaine, le président de la République française, Emmanuel Macron, a dénoncé « un diktat qui consisterait à dire qu'un gouvernement, quel qu'il soit, puisse dire 'il est interdit de chercher, ceci ou cela' ». « Personne ne pouvait penser que cette très grande démocratie du monde - dont le modèle économique repose si fortement sur la science libre, sur l'innovation et sur sa capacité, d'ailleurs, durant les trois décennies passées, à avoir innové davantage que les Européens et à avoir diffusé plus cette innovation - qu'ils allaient faire une telle erreur », a-t-il déploré.

Mme von der Leyen a affirmé que la priorité absolue est de veiller à ce que la science en Europe reste ouverte et libre. « C'est notre carte de visite », a-t-elle estimé. Elle souhaite aussi affermir la libre circulation des connaissances et des données dans toute l'Europe, en inscrivant la liberté de la recherche scientifique dans le droit au moyen d'un nouvel acte législatif sur l'Espace européen de la recherche.

« Cela fera en sorte que tous les scientifiques, toutes les disciplines soient protégés partout dans l'Union européenne », a souligné Ekaterina Zaharieva, commissaire européenne chargée des Startups, de la Recherche et de l'Innovation, dans son propos liminaire. Selon elle, le texte permettra une plus grande mobilité des chercheurs, protégera leurs carrières et leur assurera une rémunération juste dans les projets internationaux ainsi qu'une protection sociale.

« Il nous faut justement construire les financements et les coopérations pour récupérer et sécuriser ces bases de recherche, ces plateformes de collaboration, pour permettre à nos chercheurs et nos laboratoires, qui souvent y ont contribué en partageant leurs données et leurs recherches, mais qui en ont besoin pour la recherche future, puissent continuer leurs travaux », a considéré M. Macron pour sa part.

Accélérer les opportunités commerciales. La présidente de la Commission a souligné également sa volonté que l'Europe reste à la pointe de la recherche fondamentale, et qu'elle montre la voie dans les technologies prioritaires, qui vont de l'intelligence artificielle à la technologie quantique, de l'espace, des semi-conducteurs et de la microélectronique à la santé numérique, à la génomique et à la biotechnologie. Elle a proposé également de renforcer le soutien aux scientifiques en début de carrière par l'intermédiaire du projet pilote ‘Choisir l'Europe’, dans le cadre des Actions Maria Skłodowska-Curie. Ceux qui choisissent l'Europe bénéficieront d'allocations plus élevées et de contrats plus longs, avec des incitations ciblées dans les domaines d'avant-garde, jusqu’en 2027. « Avec nos États membres, nous voulons atteindre l'objectif de 3% du PIB pour l'investissement dans la recherche et le développement d'ici 2030 », a-t-elle indiqué.

De plus, pour accélérer le passage de la science de pointe à l'innovation transformatrice et aux opportunités commerciales, une législation européenne sur l'innovation, ainsi qu'une stratégie en faveur des start-up et des entreprises en expansion seront proposées. « Il s'agit de supprimer les obstacles réglementaires et autres et de faciliter l'accès au capital-risque pour les start-up et les entreprises européennes en expansion innovantes », a-t-elle détaillé.

Enfin, le processus d'entrée et de séjour en Europe serait facilité. En plus de la plateforme qui permet aux chercheurs du monde entier de trouver des emplois en Europe et de les aider à obtenir un visa, elle a suggéré d’aider les institutions publiques et privées à mieux se rapprocher des travailleurs et des chercheurs hautement qualifiés. D’après l’Élysée, plusieurs centaines de chercheurs ont déjà demandé de pouvoir venir en France, via la plateforme d’accueil des chercheurs mise en ligne. (Anne Damiani)

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