Le 5 mai, à Strasbourg, les eurodéputés ont appelé l’UE à faire preuve d’ambition avec le Royaume-Uni et d’œuvrer au succès du premier Sommet UE-Royaume-Uni post-Brexit, qui se tiendra le 19 mai à Londres.
Dans un élan relativement unanime, les élus ont exprimé leur souhait de renforcer les liens avec le Royaume-Uni, en particulier dans le domaine de la défense et de la sécurité, où les deux parties ont notamment été invitées à développer la coopération en matière de partage de renseignements, de cyberrésilience ou de lutte contre les interférences étrangères.
« Nous attendons beaucoup de ce Sommet », a commenté Nina Carberry (PPE, irlandaise). Jugeant que le monde a « beaucoup changé » depuis l’accord de commerce et coopération acté en 2020, l’élue a demandé des progrès sur les accords vétérinaires et les contrôles sanitaires et phytosanitaires, sur la reconnaissance mutuelle des qualifications ou encore sur les échanges dans le cadre du SEQE, le système européen d’échanges de quotas de CO2. Ce rapprochement avec Londres doit permettre d’améliorer la résilience et de mieux affronter les chocs externes.
Si certains élus ont continué de regretter que le Royaume-Uni ne veuille toujours pas revenir dans le marché unique ou l’Union douanière, ils ont appelé à éliminer les obstacles, tant pour favoriser le rapprochement sur la défense et la sécurité que pour coopérer davantage sur la recherche et, par exemple, la fusion nucléaire, sur la pêche ou l’énergie.
Ils ont aussi unanimement souhaité de nouvelles dispositions de mobilité pour les étudiants, travailleurs ou artistes, afin de « faciliter la vie » des gens des deux côtés, comme l’a dit la Polonaise du CRE, Jadwiga Wiśniewska.
L’immigration irrégulière a aussi été citée par cette élue comme un domaine important de coopération, tout comme par le groupe PfE, qui a appelé sur un ton un peu moins chaleureux, par la voix l’élu français Mathieu Valet, le Royaume-Uni à « gérer sa propre frontière » et à ne plus se reposer sur la France.
L’Irlandais Aodhán Ó Ríordáin, pour le S&D, a salué lui aussi ce rapprochement, mais a souhaité que cette communauté de valeurs se traduise en un langage plus fort sur Gaza, « où le droit international est violé et les enfants bombardés et affamés », les dirigeants actuels de l’UE et du Royaume-Uni ayant, selon lui, « du sang sur les mains ».
Lors de cet échange, le commissaire Maroš Šefčovič a considéré que ce premier Sommet serait un jalon important dans les futures relations avec Londres et les deux parties attendent clairement un Sommet « positif ».
La Commission envisage trois domaines de développement des relations, entre la sécurité et la résilience et la défense et la sécurité, qui seront probablement à l’avant-plan du Sommet, les contacts entre les citoyens et, enfin, la protection des ressources et de la planète, y compris par une pêche durable.
La Commission est consciente des demandes supplémentaires de Londres relatives aux obstacles commerciaux, telles que l’assouplissement des contrôles sur les marchandises exportées dans l’UE. Mais elle connaît aussi « les lignes rouges » britanniques par rapport au marché unique ou l’union douanière, a poursuivi le commissaire, ce qui ne signifie pas que la Commission refuse pour autant de travailler sur ces demandes. (Solenn Paulic)