Plusieurs dizaines d'eurodéputés ont envoyé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, jeudi 16 janvier, lui demandant de prendre en compte les inquiétudes du secteur agricole au moment de renégocier les termes de l'accord de libre-échange UE/Ukraine. Les mesures commerciales autonomes (ATM), qui ont supprimé les tarifs sur les produits ukrainiens après le début de la guerre, arrivent à échéance en juin 2025. La Commission négocie donc avec Kiev une solution à plus long terme dans le cadre de l'accord de commerce existant.
« Nous devrions faire attention à ne pas aller trop loin dans la libéralisation du commerce avec l'Ukraine », écrivent Benoît Cassart (Renew Europe, belge) et Céline Imart (PPE, française) dans la lettre dont ils sont à l'initiative. Et de rappeler, cependant, leur plein soutien à l'Ukraine et leur engagement à aider le pays dans sa reconstruction.
Selon les signataires de la lettre, les clauses de sauvegarde présentes dans le règlement sur les mesures commerciales autonomes sont inadéquates, car leur seuil de déclenchement est trop haut. Ces clauses ont presque toutes été activées depuis l'entrée en vigueur du règlement. Des tarifs ont donc été réintroduits sur l'avoine, le sucre, les œufs, le gruau et le miel.
Les représentants de ces différents secteurs ont également appelé à une approche équilibrée, s'agissant de libéraliser davantage les échanges avec l'Ukraine, dans une déclaration conjointe, mercredi 15 janvier.
Les députés mettent également en garde sur le fait qu'une « sur-libéralisation » pourrait mener à des mesures unilatérales imposées par certains pays membres de l'UE et, donc, à des conditions inégales sur le continent.
Voir la lettre des députés : https://aeur.eu/f/f3n (Léa Marchal)