La commissaire désignée à la Méditerranée, Dubravka Šuica, a estimé, dans ses réponses écrites aux députés européens, que le nouveau Pacte pour la Méditerranée devrait permettre de rétablir la confiance entre l’UE et les pays de la région.
Ainsi, selon elle, le pacte offre une « triple opportunité » : souligner que l’UE considère ses relations avec et dans la région comme une priorité politique ; rétablir la confiance grâce à un dialogue et une consultation approfondis et permettre d’élaborer un programme « ambitieux et ciblé de priorités convenues et concrètes dans des domaines d’intérêt mutuel ».
Mme Šuica explique que le nouveau pacte devrait s’appuyer sur l’Agenda pour la Méditerranée existant et se concentrer sur des domaines d’intérêt mutuel, « tels que les investissements, le commerce, la stabilité économique, la création d’emplois, la connectivité, l’énergie, les transports, l’alimentation, la sécurité et les migrations, ainsi que l’éducation et la science ». « Il doit être centré sur les personnes et développer davantage, en collaboration avec les pays partenaires, des initiatives fondées sur des valeurs communes et le dialogue, soutenant la bonne gouvernance et contribuant à la protection des droits de l’homme et des libertés civiles », ajoute la commissaire désignée.
Le Pacte portera sur deux piliers. Le premier sera les partenariats globaux et stratégiques avec les partenaires intéressés, ainsi que les initiatives de dimension régionale. « Ces partenariats approfondiront considérablement la collaboration dans les domaines prioritaires d’intérêt mutuel et renforceront la présence de l’UE dans la région », estime Mme Šuica, selon qui les partenariats déjà passés avec la Tunisie et l’Égypte ont créé une dynamique positive, apportant des progrès tangibles dans des domaines d’intérêt critique pour l’UE.
Dans le cadre de ces partenariats globaux, la coopération en matière de migration figurera parmi les principales priorités, précise la commissaire désignée.
Le deuxième pilier portera sur les initiatives d’investissement régionales, « afin de mobiliser des investissements à grande échelle et de contribuer à la création d’emplois et à la croissance dans la région ». La commissaire désignée propose la mise en place d’une initiative transméditerranéenne de coopération dans le domaine de l’énergie et des technologies propres « afin d’accroître les échanges d’énergies renouvelables et de stimuler la fabrication de technologies propres dans la région ». Cette initiative pourrait être suivie par d’autres initiatives d’investissement régionales axées sur la connectivité numérique et les transports.
Selon sa lettre de mission, la commissaire désignée devra aussi travailler à l'élaboration d'une nouvelle stratégie pour le Moyen-Orient. Selon Mme Šuica, le programme de coopération économique de cette stratégie devrait avoir un rôle important à jouer, « car l’UE est le plus grand donateur et partenaire commercial de nombreux pays de la région ». Ce programme devrait reposer sur plusieurs principes directeurs : lier le développement économique et la prospérité à la paix et à la stabilité, s’appuyer sur des partenariats stratégiques et globaux plus solides avec les pays de la région et promouvoir des initiatives régionales qui contribuent à faciliter la désescalade.
Autres éléments importants de la stratégie : la relance du processus de paix au Moyen-Orient, en mettant l’accent sur la promotion de toutes les mesures nécessaires à une solution à deux États et en répondant aux besoins humanitaires. Ainsi, la stratégie comprendra un programme visant à accompagner l'Autorité palestinienne dans les réformes indispensables et le processus de modernisation et des initiatives pour soutenir le redressement et la reconstruction de Gaza, une fois que la situation le permettra, précise Mme Šuica. Elle promet aussi de s’efforcer de renforcer la coopération avec le Liban afin de garantir que les besoins immédiats soient satisfaits et d’intensifier les efforts pour soutenir les réfugiés dans toute la région.
Pour la commissaire désignée, l'engagement avec les pays du Golfe est également essentiel. « L'UE et cette région ont beaucoup à gagner, en termes d'opportunités économiques et d'objectifs de sécurité, d'un partenariat plus fort et plus stratégique », explique Mme Šuica. Elle entend faire avancer l’initiative de l’UE visant à renforcer la coopération régionale et bilatérale, y compris la recherche d’accords de partenariat stratégique avec chacun des six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).
Elle met également en avant une coopération spécifique avec les membres du CCG sur le développement de l’initiative de coopération transméditerranéenne en matière d’énergie et de technologies propres en Méditerranée.
Voir les réponses écrites de Mme Šuica : https://aeur.eu/f/dzu (Camille-Cerise Gessant)