Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, et le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, ont annoncé, jeudi 5 janvier, le renforcement des relations entre l’UE et le Maroc.
2022 avait déjà marqué un renforcement du partenariat avec notamment la signature d’un partenariat vert (EUROPE 13028/18) et de conventions de financements de près de 500 millions d’euros pour 2022/2023, le renforcement du dialogue politique, avec la visite de la présidente de la Commission européenne (EUROPE 12887/15), et de la coopération sectorielle, y compris dans le domaine de la migration.
Rabat devrait recevoir 1,6 milliard d’euros de l’UE sur la période 2021-2027, la coopération financière la plus importante pour l’UE dans la région, a précisé M. Borrell lors d'une conférence de presse à Rabat, à l'occasion de son premier déplacement en 2023.
Selon M. Bourita, le partenariat entre l'UE et le Maroc a trois dimensions : le voisinage, les valeurs et les intérêts. « Le partenariat nécessite d’être nourri, enrichi », a expliqué le ministre, précisant que sa rencontre avec le Haut Représentant avait permis d’identifier des pistes pour nourrir ce partenariat. « On va programmer l’an prochain un Conseil d’association UE/Maroc (…), on va renforcer le dialogue politique à tous les niveaux, en cherchant des formules innovantes, dans le contenu et le format », a notamment expliqué M. Bourita.
« Nous devons mettre à profit nos acquis communs pour regarder vers un avenir encore plus amical », a ajouté M. Borrell, qui a annoncé pour 2023 le lancement de deux nouvelles initiatives : un dialogue de haut niveau en matière de sécurité, qui devrait se tenir prochainement dans la capitale marocaine, et une coopération renforcée dans les instances multilatérales entre l’UE et le Maroc.
Les deux hommes ont plaidé pour des progrès dans un partenariat numérique et le soutien à la jeunesse marocaine. M. Borrell a également appelé à mettre en œuvre les engagements, que ce soit dans la lutte contre le changement climatique ou la transition énergétique. Il a souligné l’engagement de l’UE à accompagner le Maroc dans ces réformes, y compris dans les domaines du social, de la santé et de l’éducation.
M. Bourita a en outre dénoncé les attaques auxquelles le partenariat ferait face. « Ce partenariat doit être protégé des deux cotés, il ne peut pas ne pas être immunisé », a-t-il expliqué, dénonçant le « harcèlement juridique continu » concernant le Sahara occidental (EUROPE 12801/23), les « attaques médiatiques répétées » alors que le Maroc est notamment cité dans l’affaire du 'Qatargate' au Parlement européen et « des attaques dans des institutions européennes et notamment au sein du PE avec les questions sur le Maroc, qui sont orientées », avec l'objectif de « nuire au partenariat ».
De son côté, M. Borrell a expliqué qu'il fallait faire le nécessaire pour préserver le cadre juridique du partenariat et qu'il fallait respecter la décision des tribunaux et adapter le partenariat comme nécessaire, dans le respect du droit international.
Il a en outre rappelé la position de l’UE concernant le Sahara occidental : l’Union soutient le processus des Nations Unies et de son envoyé spécial pour parvenir à une solution politique qui soit « juste, réaliste, pragmatique, durable et mutuellement acceptable », en conformité avec les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU.
Revenant sur le 'Qatargate', le Haut Représentant a précisé qu’il ne pouvait pas y avoir d’impunité, qu’il fallait attendre les résultats des investigations judiciaires en cours et qu’il attendait la pleine collaboration de tous dans cette enquête. (Camille-Cerise Gessant)