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Bulletin Quotidien Europe N° 13028
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

La stratégie de la Commission européenne pour numériser le système énergétique prend forme

Mise en place d’un groupe de travail sur le partage des données liées à l’énergie, création d’un jumeau numérique du réseau électrique européen ou encore adoption d’un acte délégué sur la cybersécurité des flux d’électricité transfrontaliers, voici quelques-unes des initiatives envisagées par la Commission européenne dans le cadre de sa future communication sur la numérisation du système énergétique de l’Union européenne, selon un document provisoire obtenu par EUROPE, jeudi 22 septembre.

Attendue dans les prochaines semaines, cette initiative prendra la forme d’un plan d’action visant notamment à promouvoir la connectivité, l’interopérabilité et l’échange transparent de données entre les différents acteurs, ainsi qu’à stimuler les investissements dans le réseau électrique et la cybersécurité.

La Commission estime en effet que « la décarbonation, l’électrification, l’intégration sectorielle et la décentralisation du système énergétique exigent toutes un effort considérable de numérisation ».

À ses yeux, l’UE « doit construire un système énergétique beaucoup plus intelligent et interactif qu’aujourd’hui » afin d’intégrer « des parts toujours plus importantes d’énergies renouvelables variables tout en garantissant un approvisionnement énergétique abordable et résilient, et pour faire en sorte que des utilisations du réseau électrique qui pourraient être concurrentes deviennent complémentaires de la manière la plus efficace ».

Créer un espace européen pour les données 

La Commission souhaite tout d’abord commencer à déployer, d’ici 2024 au plus tard, un « espace européen commun de données sur lénergie » afin de « faciliter la participation sur les marchés de gros de plus de 580 GW de ressources énergétiques flexibles qui utilisent pleinement les solutions numériques dici 2050 ».

Dans cette optique, elle compte rétablir officiellement l’actuelle '‘task force’ sur les réseaux intelligents (SGTF) en élargissant ses responsabilités et sa composition.

Cette ‘task force’ serait rebaptisée « groupe d’experts sur l’énergie intelligente » (‘the Smart Energy Expert Group’) et inclura un nouveau groupe de travail permanent réunissant la Commission, les États membres et des parties prenantes publiques et privées.

Intitulé ‘Data for Energy’ (D4E), ce groupe de travail serait chargé de définir les principes directeurs de l’espace européen de partage des données relatives à l’énergie et d’assurer la cohérence entre les différentes priorités et initiatives de partage de données. La Commission prévoit de le mettre sur pied au plus tard en mars 2023, précise l’avant-projet.

Créer un jumeau numérique du réseau européen

Afin de renforcer l’efficacité et l’intelligence du réseau électrique européen, la Commission compte aider les gestionnaires de réseaux de transport (TSOs) et les gestionnaires de réseaux de distribution (DSOs) de l’UE à créer un jumeau numérique du réseau, c’est-à-dire un modèle virtuel sophistiqué de celui-ci.

Cela nécessite néanmoins le déploiement massif de compteurs électriques intelligents afin de disposer de mises à jour des données en temps réel, ce qui « n’est toujours pas le cas dans de nombreux États membres ».

« Le réseau électrique doit interagir avec de nombreux acteurs ou dispositifs sur la base d’un niveau détaillé d’observabilité et, donc, de disponibilité des données », souligne à ce propos le document.

L’institution prévoit par conséquent d’adopter un acte d’exécution sur les exigences d’interopérabilité et les procédures non discriminatoires et transparentes d’accès aux données de comptage et de consommation.

La Commission a également l’intention de soutenir l’Agence européenne pour la coopération des régulateurs de l’énergie (ACER) et les autorités de régulation nationales (ARN) dans leurs travaux visant à définir des indicateurs communs pour les réseaux intelligents ainsi que des objectifs pour ces indicateurs.

Cela permettrait aux ARN de surveiller les investissements intelligents et numériques dans le réseau électrique chaque année à partir de 2023 et à mesurer les progrès accomplis vers la création du jumeau numérique, souligne le document provisoire.

Impact environnemental des TIC et des centres de données

Un autre volet du plan d’action concerne la consommation d’énergie et l’impact environnemental des technologies de l’information et de la communication (TIC).

Sur ce plan, l’avant-projet indique que la Commission compte, d’ici 2023 : - améliorer la durabilité des appareils TIC à travers le règlement européen sur l’écoconception pour des produits durables ; - élaborer un système d’étiquetage énergétique pour les ordinateurs.

Concernant les centres de données, l’institution envisagerait de réviser les exigences du règlement sur l’écoconception relatives aux conditions de fonctionnement des serveurs et des produits de stockage de données et souhaiterait introduire un système d’étiquetage environnemental pour les centres de données d’ici 2025.

Elle compte également lancer une étude sur l’optimisation de l’intégration des centres de données dans les systèmes d’énergie et d’eau d’ici la fin de l’année.

Une approche coordonnée à l’échelle de l’UE

Avant la fin de l’année, la Commission souhaite créer une plateforme rassemblant les innovateurs de l’énergie et du numérique de toute l’UE. La plateforme coopérerait étroitement avec les villes, par exemple dans le cadre de la coopération des villes et communautés intelligentes.

Par ailleurs, la Commission souhaite développer, entre 2023 et 2024, une plateforme d’expérimentation pour tester et simuler des communautés énergétiques en combinaison avec des activités innovantes telles que le commerce de l’énergie basé sur la blockchain.

Renforcer la cybersécurité

Pour accroître la résistance aux risques de cybersécurité dans le système électrique, la Commission a l’intention de proposer un acte délégué sous la forme d’un code de réseau pour les aspects de cybersécurité des flux électriques transfrontaliers (durant le premier trimestre 2023) ainsi qu’un autre acte délégué sur la cybersécurité des réseaux de gaz et d’hydrogène. Ce dernier consisterait en un amendement du règlement européen sur la sécurité de l’approvisionnement en gaz.

Ces deux initiatives seraient complétées par une recommandation visant à fournir des lignes directrices pour améliorer la résilience des infrastructures énergétiques critiques contre d’éventuelles attaques physiques, cybernétiques ou hybrides.

Selon nos informations, la communication pourrait être officiellement présentée d’ici la fin du mois.

Voir l’avant-projet : https://aeur.eu/f/393 (Damien Genicot)

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