Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF, ou CBAM en anglais) offrira des opportunités économiques et professionnelles, en plus d'assurer la compétitivité de l'industrie à forte intensité énergétique européenne, assure une étude de l'institut syndical européen ETUI, publiée vendredi 29 juillet.
La mise en place du CBAM à partir de 2026 devrait créer jusqu'à 230 000 emplois d'ici 2030, puis 460 000 d'ici 2040, d'après la chercheuse d'ETUI Béla Galgóczi. L'étude est basée sur plusieurs scénarios pour les prochaines années : - un scénario de référence, dit de « décarbonation naïve » ; - un scénario basé sur l'électrification, le déploiement de l'hydrogène et l'efficacité énergétique ; - un scénario se concentrant sur des matériaux alternatifs et sur l'efficacité ; - un scénario mettant l'accent sur le déploiement de la capture et du stockage de carbone.
Pour chacun d'entre eux, la mise en place du CBAM fait augmenter le PIB d'environ 0,45 point. L'étude prévoit que les importations et exportations baisseront dans les secteurs à forte intensité énergétique, mais que les secteurs tournés vers la consommation augmenteront leurs ventes et leur production.
L'effet positif sur l'emploi devrait se matérialiser surtout pour les secteurs qui n'ont pas une forte intensité énergétique, grâce à la conversion des revenus du CBAM en réduction de taxes qui devraient stimuler la production.
L'étude se base toutefois sur une projection du CBAM qui diffère du mécanisme qui sera finalement mis en place, car elle considère que davantage de produits seront touchés par le CBAM par rapport à ce qui est prévu par les institutions européennes pour l'instant. Par ailleurs, l'étude exclut de ses calculs la production d'électricité alors que celle-ci sera sujette au CBAM. Les auteurs estiment que ces biais de méthodologie, qui vont dans une direction différente, s'équilibreraient à peu près.
Voir l'étude : https://aeur.eu/f/2rg (Léa Marchal)