Maintenir à Strasbourg la session plénière du Parlement européen, même dans un format adapté et allégé, est toujours la ligne officielle de l'institution européenne, qui reprend peu à peu du service après la pause estivale.
« La Conférence des présidents des groupes politiques (CoP) du Parlement a décidé, en juillet, en consultation avec les autorités françaises, que les prochaines sessions plénières auront à nouveau lieu à Strasbourg, siège du Parlement », a déclaré Jaume Duch, porte-parole du PE, vendredi 28 août. « Si, à l'avenir, l'évolution de la situation exige de prendre d'autres décisions, ce serait au Président et à la CoP d'en décider », a-t-il ajouté.
La décision reviendra au plus tard à la CoP du 10 septembre, qui adoptera l'ordre du jour définitif de la session plénière.
La session de rentrée est importante parce qu'elle inclut le premier discours sur l'État de l'Union de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, programmé mercredi 16 septembre. En juillet, il était question de tenir les débats politiques le matin et les réunions des groupes politiques l'après-midi.
Au 28 août, les autorités belges requéraient une vigilance accrue pour les déplacements vers le département français du Bas-Rhin, où se situe Strasbourg, classé en zone orange. Elles n'imposent une mise en quarantaine que pour les retours d'une zone classée rouge, comme certains départements français ou communautés espagnoles.
Selon un courrier électronique de son directeur général, Kristian Knudsen, transmis au personnel jeudi 27 août et consulté par EUROPE, le département des Ressources humaines du PE demande à toute personne de « retour d'une zone rouge ou orange » (selon la classification des autorités belges) d'observer une quatorzaine stricte en télétravaillant chez soi.
Les membres du personnel revenant d'une zone orange et ayant une fonction totalement incompatible avec le télétravail peuvent, si nécessaire, être invités par leur département à revenir au PE avant ce délai, après une analyse approfondie des risques par les équipes médicales. Mais « les Cabinets médicaux du PE et le Collège médical interinstitutionnel recommandent de faire preuve de la plus grande prudence », souligne le courrier électronique.
Le département des ressources humaines du PE souligne que les mesures de quarantaine nationales belges s'appliquent au personnel d'organisations internationales telles que le Parlement européen, à l'exception des activités essentielles directement liées à leur fonction.
Au-delà d'une température corporelle de 37,7°C, l'entrée au PE est interdite
Durant la pause estivale, le Parlement a encore durci ses conditions d'entrée dans ses locaux.
Outre les contrôles de sécurité habituels, l'obligation de porter un masque lors des déplacements à l'intérieur des locaux et le respect de la distanciation sociale, la prise de température est obligatoire tant à l'entrée qu'à la sortie. « L'accès au Parlement sera interdit à toute personne dont la température corporelle atteint ou dépasse 37,7°C, ou qui refuse que sa température corporelle soit mesurée », selon de nouvelles directives adoptées mercredi 26 août par le président du PE, David Sassoli, et dont EUROPE a eu copie. Ces directives sont vigueur au moins jusqu'au 25 septembre.
Même chose pour toute personne ayant été consciemment au contact d'une personne atteinte du coronavirus et n'ayant pas reçu la confirmation médicale d'être en bonne santé.
De nombreux travaux ajournés
Face à une telle situation, les travaux du Parlement ne peuvent pas se dérouler normalement. Demeurent ainsi interdits, jusqu'à nouvel ordre, les réunions des délégations (sauf à distance en cas d'urgence), les auditions en commission parlementaire, les missions d'observation électorale hors de l'UE, les missions du personnel, les séminaires - y compris pour la presse, tout évènement culturel organisé dans les locaux du PE - y compris des évènements individuels organisés par un eurodéputé après 20h et pour lesquels une dérogation avait été accordée.
Enfin, à Bruxelles, les numéros de série des ordinateurs portables seront notés à chaque entrée pour faire face à la recrudescence de vols de matériel observée pendant le confinement.
Voir la décision de M. Sassoli : https://bit.ly/2QwKlsD (Mathieu Bion)