Le Conseil consultatif scientifique des académies européennes (EASAC), une organisation rassemblant les académies nationales des sciences des États membres de l’Union européenne, de la Norvège, de la Suisse et du Royaume-Uni, a appelé le législateur européen, mercredi 26 août, à inclure les émissions de carbone provenant de l’utilisation de la biomasse pour la production d’électricité dans le système d’échange de quotas d’émission de l’UE (ETS).
Actuellement, les installations utilisant exclusivement de la biomasse ne relèvent pas du système ETS, contrairement à celles liées aux combustibles fossiles. Or, pour l’EASAC, « ne pas corriger cette erreur est une hypocrisie climatique », car il considère qu’une grande partie de la biomasse utilisée en Europe « est tout sauf neutre en carbone » lorsque l’ensemble du cycle de vie de la biomasse est correctement pris en compte.
L’organisation demande ainsi aux législateurs de réformer l’ETS, afin qu’il prenne en compte les effets réels de la biomasse sur les niveaux de CO2 dans l’atmosphère.
Dans ce but, elle souligne qu’il est nécessaire de calculer la « période de récupération du carbone » pour chaque installation de biomasse et sa chaîne d’approvisionnement.
« Comme les estimations récentes indiquent que 1,5°C peut être dépassé en 10-20 ans, une période de récupération acceptable ne devrait pas dépasser 5 à 10 ans », explique Michael Norton, directeur du programme environnemental de l’EASAC.
Cela signifie que seules les installations de biomasse capables de démontrer qu’elles assurent une réduction nette du CO2 atmosphérique dans un délai inférieur à dix ans seraient traitées de la même manière que les autres technologies renouvelables, et donc exclues du système ETS. (Damien Genicot)