La décision de la Commission européenne de rejeter les candidatures au programme communautaire sur les jumelages de six localités polonaises ayant adopté des résolutions discriminatoires vis-à-vis des personnes LGBT (EUROPE 12538/16) n'a pas été bien accueillie à Varsovie.
Le ministre polonais de la Justice, Zbigniew Ziobro, a qualifié d'« illégal » ce rejet et s'est engagé à défendre avec vigueur les autorités locales concernées, a rapporté, lundi 3 août, l'agence de presse polonaise (PAP), se référant à une interview accordée par M. Ziobro à l'hebdomadaire polonais Do Rzeczy.
Des députés du Parti Solidarna Polska (Pologne solidaire - droite conservatrice), dont est membre Zbigniew Ziobro, ont également adressé une question au gouvernement polonais à ce sujet. Ils s'inquiétaient notamment de savoir quelles actions seraient menées pour protéger les collectivités locales polonaises de cette décision « nuisible et contraire à l'héritage culturel et chrétien de l'UE ».
« J'ai demandé au Premier ministre de prendre des mesures décisives contre la Commission », a assuré le ministre de la Justice à Do Rzeczy, rappelant que les institutions européennes sont tenues par les traités de respecter l'identité nationale et l'autonomie des États membres.
La Commission, en l'occurrence, a outrepassé ce « devoir », a estimé M. Ziobro. Les citoyens devraient, selon lui, pouvoir former librement leurs opinions sans que celles-ci ne soient « censurées ou influencées » par les fonctionnaires européens.
Réagissant, lors d'une conférence de presse, aux propos de la commissaire à l’Égalité, Helena Dalli - qui avait invoqué le respect des valeurs et droits fondamentaux de l’UE - Marcin Warchoł, secrétaire d'État au ministère de la Justice, quant à lui, a regretté que la commissaire « continue de violer la Charte des droits fondamentaux qu'elle invoque ».
« Nos traités garantissent que chaque personne en Europe est libre d'être ce qu'elle est, de vivre où elle veut, d'aimer qui elle veut », a, pour sa part, soutenu la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, sur Twitter. (Agathe Cherki)