À l’occasion de sa dernière intervention devant le Comité des régions, mardi 8 octobre, Günther Oettinger, le commissaire sortant au Budget, a donné une fourchette budgétaire entre 8 et 12 milliards d’euros pour le futur Fonds pour une transition juste ('Just transition fund').
« Nous devons discuter des moyens avec les États. Je crois que nous avons besoin de 8 à 12 milliards d'euros sur sept ans », a-t-il ainsi annoncé devant les membres du Comité des régions. « Mais, si possible, cela ne devrait pas provenir de la politique de cohésion, mais devrait être ancré dans le budget comme un complément », a-t-il précisé.
Durant son intervention, M. Oettinger a souligné un point : pour lui, ce fonds de transition juste ne doit pas seulement se concentrer sur les régions charbonnières en transition, mais aussi sur la « relocalisation des emplois » et les « investissements dans l’avenir ». La raison de cette approche est simple, selon le commissaire allemand : il serait injuste que les États membres – citant l’Espagne - qui ont déjà déployé des efforts pour sortir du charbon ne bénéficient pas du Fonds, tandis que ceux qui n’ont encore rien fait puissent en profiter.
L’aide à l’Afrique menacée, pas la politique de cohésion
D’une manière générale, le commissaire a fait état de la situation inextricable des négociations budgétaires sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) (voir autres nouvelles) en amont du Conseil européen d'octobre, qui reviendrait à résoudre la quadrature du cercle, d'après lui.
Il s’attend en effet qu’à l’issue des négociations sur le prochain CFP, les réductions envisagées par ses services soient revues à la baisse par les États membres, que ce soit dans la politique agricole (pour rappel, il propose environ 5% de réduction par rapport au budget actuel) et de cohésion (7%, selon le commissaire, mais plutôt 10% dans les faits). Or, tout en maintenant les nouvelles priorités dans la défense et la protection aux frontières, le budget européen global risque d’être également revu à la baisse (1,0% du RNB européen) sous la pression de l’Allemagne, de l’Autriche, des Pays-Bas, et des pays scandinaves.
« La facture ne colle pas », a-t-il analysé. Selon lui, ainsi, ce sont les programmes « modernes » (citant le RTE-T, Horizon Europe, Aide au développement en Afrique) qui vont subir « d’énormes dégâts ». M. Oettinger s’attend en particulier à des coupes nettes très dures dans les aides au développement pour l’Afrique, pour la simple raison « que les États africains ne sont pas assis à la table » des négociations. (Pascal Hansens)