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Bulletin Quotidien Europe N° 12332
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The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit / The b-word

Retour au filet de sécurité

L’UE tente de donner une nouvelle image du filet de sécurité relatif à la frontière irlandaise, tandis que le Royaume-Uni semble déterminé à redéfinir les termes de référence pour le Brexit... dans leur intégralité.

Cette semaine, nous avons assisté à des signaux positifs dans le dossier du Brexit, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, déclarant à Sky News que « nous pouvons conclure un accord », le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, qualifiant le « climat général » de bon, et le secrétaire en charge du Brexit, Steven Barclay, évoquant un sentiment d’« intérêt commun » pour éviter la catastrophe d’une sortie sans accord. Entretemps, le parti unioniste démocrate se rallie à l’idée d’un régime spécifique à l’Irlande du Nord, du moins en ce qui concerne les produits agroalimentaires.

Mais il y a certains messages contradictoires, voire des incompréhensions volontaires et, d’une certaine manière, il semble que les négociations soient revenues à leur point de départ de 2017, lorsque l’UE insistait pour que le divorce et les négociations commerciales soient traités séparément. Dans un discours prononcé à Madrid cette semaine, M. Barclay a tenté de repousser la date limite pour les alternatives au filet de sécurité relatif à la frontière irlandaise jusqu’à « la fin de la période de mise en œuvre, en décembre 2020 », ajoutant qu’il serait « façonné par la future relation ». « Pourquoi prendre le risque de cristalliser un résultat indésirable dès ce mois de novembre, sachant que les deux parties peuvent travailler ensemble jusqu’en décembre 2020 ? », a souligné M. Barclay.

Le Premier ministre finlandais, Antti Rinne, a suggéré que le Royaume-Uni présente, avant le 30 septembre, des propositions écrites sur la manière de maintenir la frontière irlandaise ouverte (vraisemblablement pour laisser suffisamment de temps aux équipes de négociation et aux parlements pour les examiner). Mais le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, estime que le Royaume-Uni essaie de « modifier le débat » sur le Brexit et a qualifié certains commentaires récents de « baratin ».

Le problème est que la détermination des Britanniques à « jeter » le filet de sécurité éloigne du véritable casse-tête (très complexe) relatif à la préservation des liens entre l’Irlande et l’Irlande du Nord après le 31 octobre. Il ne s’agit pas uniquement du commerce. Il s’agit de la politique de santé, des ressources énergétiques, des liaisons de transport, des voies fluviales, des systèmes éducatifs et de nombreux facteurs communs que Dublin appelle l’« économie insulaire ». Il ne s’agit pas uniquement de la réglementation agroalimentaire, mais de nombreuses autres règles et du régime douanier de l’UE.

Vendredi, la députée européenne irlandaise Mairead McGuinness a déclaré que les commentaires de M. Barclay étaient « totalement inutiles » et que les solutions du Royaume-Uni évoquées jusqu’à présent n’aborderaient que 30% du problème. Une « série de documents non officiels confidentiels » présentés par les Britanniques jeudi ne s’apparentent pas à des « propositions sérieuses », selon M. Coveney (EUROPE 12331/3). Les diplomates européens devaient être informés au sujet de ces documents vendredi.

Cette semaine, M. Juncker a déclaré qu’il n’était pas marié au filet de sécurité. « Si les objectifs sont là, tous les objectifs, alors nous n’avons pas besoin du filet de sécurité », a-t-il ajouté. Mais il est peu probable qu’un filet de sécurité soit tout aussi alléchant sous un autre nom (pour les deux parties).

Les équipes techniques de l’UE et du Royaume-Uni se rencontreront à nouveau à Bruxelles, au début de la semaine prochaine, afin de continuer à travailler sur les détails. (Version originale anglaise par Sarah Collins)

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