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Bulletin Quotidien Europe N° 12330
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Climat

Feux de forêt en Amazonie, les députés appellent l'UE à des mesures urgentes

Alarmés par la propagation dévastatrice des feux de forêt en Amazonie, les députés européens, réunis à Strasbourg mardi 17 septembre, ont exhorté les institutions européennes à prendre des mesures d’urgence et à élargir le champ de leur action.

Si tous ont reconnu la nécessité d’agir rapidement, dans un cadre multilatéral, pour préserver cette réserve inestimable de biodiversité et ce poumon essentiel pour la lutte contre le changement climatique, aucune résolution n’a été adoptée. La droite, les sociaux-démocrates et les libéraux ne souhaitant pas se précipiter et remettre en cause la ratification de l'accord commercial UE/Mercosur.

Le débat était centré sur l'Amazonie, mais beaucoup ont souligné que les feux de forêt étaient en recrudescence ailleurs aussi, citant des régions comme la Sibérie, le Congo, l’Alaska, Bornéo, mais aussi l'Europe (EUROPE 12329/2)

Au nom de la Présidence du Conseil de l'UE, Tytti Tuppurainen, ministre finlandaise des Affaires européennes, a exhorté à « une action européenne cohérente et efficace » et a appelé l’UE à montrer l’exemple en s’accordant au plus vite sur des objectifs ambitieux visant la neutralité climatique de l'économie européenne.

Agir dans tout l’éventail des politiques

Finalement, cette problématique doit être abordée de manière horizontale dans les politiques européennes, ont souligné les participants au débat.

Le commissaire à l'Environnement, Karmenu Vella, l’admet : « il faut s'attaquer également aux causes structurelles sous-jacentes telles que l'expansion agricole ». Le Conseil 'Agriculture' aura d’ailleurs un débat à ce sujet en octobre. 

Au nom du groupe des Verts/ALE, la Finlandaise Heidi Hautala a appelé à l’intégration de mesures législatives plus larges, s'étonnant que le Conseil 'Agriculture' soit la seule formation à aborder ce point. 

La stratégie sur la gestion durable des forêts d’avril 2019 et le plan d'action de juillet sur la protection et restauration des forêts mondiales (EUROPE 12302/1) sont d’autres d’outils cités par M. Vella comme pouvant servir de base à l’action de l’UE.

L’UE se prépare aussi à une réunion de haut niveau sur la région amazonienne, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies qui s’ouvrira le 24 septembre, a annoncé le commissaire.

L'accord UE/Mercosur comme levier ? 

L'Accord commercial UE/Mercosur a été vilipendé par plusieurs députés. Si une large majorité estime que le chapitre sur le développement durable de ce traité offre à l’UE un levier pour engager le président brésilien, Jair Bolsonaro, à respecter l’Accord de Paris, les dissonances entre les groupes demeurent quant aux modalités de mise en œuvre de cet accord de libre-échange. Les groupes politiques progressistes ont adressé une lettre à la Commission pour l'appeler à intégrer des mécanismes juridiquement contraignants.

Pour Dimitrios Papadimoulis (GUE/NGL, grec), le Parlement est passé à côté d’une occasion d’agir. « Il est honteux et déshonorant que cette discussion ne se termine pas par une résolution », a-t-il estimé, interpellant les groupes à la droite de l’hémicycle.

« Plutôt que de s'engager dans des jeux de blâme, nous devrions utiliser le sentiment d'urgence généré par les incendies de forêt en Amazonie et ailleurs pour apporter une contribution constructive au débat sur la manière de tirer parti de la politique commerciale dans nos efforts pour lutter contre le changement climatique à l'échelle mondiale », a déclaré Christophe Hansen (PPE). 

Les groupes Verts/ALE et GUE/NGL, qui avaient demandé le vote d'une résolution, n'ont pas été suivis (199 pour, 228 contre et 13 abstentions).

« Je crains, si nous nous bornons à débattre sans en tirer de conclusions, que l’Europe n’apparaisse comme un tigre qui ne mord pas », avait estimé Philippe Lamberts (Verts/ALE).

Le Français Stéphane Séjourné (Renew Europe) a rappelé, en marge de la session, que la commission de l'environnement du PE prépare un rapport d'initiative législatif sur les importations liées à la déforestation, ce qui donnera le temps de trouver un consensus entre les groupes politiques.

À l'issue du débat, le commissaire Vella s'est voulu rassurant, expliquant que l'UE a de nombreux outils à sa disposition pour inciter le Brésil à respecter ses engagements, y compris par le dialogue et la coopération, sans exclure, en dernier ressort, un recours à l'organe de règlement des litiges à l'OMC. Mais, a-t-il ajouté, « nous allons avant tout nous assurer que le Brésil soit à la hauteur de ses engagements au titre de l'Accord de Paris - une réduction de 27% de ses émissions nettes d’ici à 2025 par rapport à 2005 et un plan d’action pour mettre un terme à la déforestation, y compris dans la forêt amazonienne ». (Aminata Niang et Hermine Donceel)

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