Les députés européens ont demandé, mardi 17 septembre dans la soirée, la fin de la violence et des restrictions au Cachemire.
Lors d’un débat en session plénière, plusieurs d'entre eux ont dénoncé la révocation par l’Inde, le 5 août, du statut d’autonomie du Cachemire. Violations constantes des droits de l’homme, arrestations arbitraires de plusieurs milliers de personnes, blocage des moyens de communication, couvre-feu, accès interdit aux ONG et aux journalistes, présence de plus d’un million de soldats dans la région... les sujets d’inquiétude sont nombreux.
« La situation est très clairement alarmante et même inacceptable (…) le fait que deux puissances nucléaires soient dans un conflit frontal, c’est inquiétant », a souligné, pour le PPE, Traian Basescu (roumain).
Si certains députés ont accusé l’Inde, quand d’autres s’attaquaient au Pakistan, selon le Britannique Shaffaq Mohammed (Renew Europe), lui-même né au Cachemire, « la situation ne s’améliorera pas si on pointe un doigt accusateur vers telle ou telle partie ».
Au contraire, M. Mohammed, comme plusieurs de ses collègues, a plaidé pour une participation active de l’UE au dialogue entre l’Inde et le Pakistan. « On ne pourra résoudre la situation que si les parties sont autour de la table, avec l’aide de l’UE », a-t-il déclaré, expliquant que, bien qu'il appartienne aux Cachemiris de décider de leur avenir, l’UE doit plaider pour les droits fondamentaux.
« L’UE doit contribuer à la résolution du conflit. Ce n’est pas elle qui pourra résoudre les problèmes, seules les parties le pourront. On ne peut qu’encadrer le processus en tant que médiateur », a expliqué Bernhard Zimniok (ID, allemand). Selon la présidente de la sous-commission des Droits de l’homme du PE, Maria Arena (S&D, belge), l’UE doit soutenir la démarche des Nations Unies pour le dialogue entre l’Inde et le Pakistan et peser de tout son poids sur l’Inde pour le retour du statut d’autonomie du Cachemire. « L’UE doit plaider pour une enquête internationale, indépendante et transparente sur les violences au Cachemire », a-t-elle ajouté.
Au nom de la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, la Présidence finlandaise du Conseil de l’UE a rappelé la position européenne. « Nous encourageons l'Inde et le Pakistan à rechercher une solution pacifique et politique, respectueuse des intérêts de la population cachemirie des deux côtés de la ligne de contrôle. C'est le seul moyen de résoudre un différend qui dure depuis trop longtemps et qui est à l'origine de l'instabilité et de l'insécurité dans la région », a expliqué Tytti Tuppurainen, ministre des Affaires européennes finlandaise. Elle a encouragé à lever les restrictions encore imposées temporairement, à assurer la liberté de circulation, à rétablir les moyens de communication et à maintenir les droits et les libertés fondamentales de la population cachemirie. (Camille-Cerise Gessant)