La famille sociale-démocrate européenne s'est réjouie, lundi 29 avril, de la nette victoire de Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) aux élections législatives qui s'étaient tenues la veille en Espagne. Elle espère que les bons résultats électoraux obtenus en Finlande et en Espagne augureront d'une percée sociale-démocrate aux élections européennes à la fin du mois.
« Avec les résultats définitifs, nous voyons que l'Espagne a choisi l'avenir et non le passé, le dialogue et non la confrontation, l'égalité et non la discrimination, la solidarité et non l'égoïsme. La gauche et non la droite », a déclaré Frans Timmermans, candidat tête de liste du Parti socialiste européen (PSE), via Twitter. Pour le chef de groupe socialiste au Parlement européen, l'Allemand Udo Bullmann, « nos amis espagnols insuffleront un nouvel élan à l'Europe. Ensemble avec l'Espagne, nous sommes prêts à bâtir une Europe durable et juste ».
Même son de cloche pour le président du PSE, Sergueï Stanishev, pour qui « les victoires aux élections législatives en Espagne et en Finlande démontrent l'élan dont bénéficient les forces progressistes en vue des élections européennes ». Et d'ajouter : « Alors que les conservateurs en Espagne chassaient sur le terrain de l'extrême droite pour essayer de reprendre le pouvoir, le PSOE a ancré sa campagne dans les valeurs socialistes et sociales-démocrates. Et les électeurs l'ont suivi. C'est ce dont l'Europe a besoin. »
Parmi ces valeurs sont cités le renforcement des droits des femmes, des moyens accrus à la politique sociale et la lutte contre l'extrême droite.
Les élections législatives espagnoles ont été provoquées par le refus des partis indépendantistes basques et catalans de soutenir le projet de budget 2019 défendu par le gouvernement socialiste minoritaire de M. Sánchez.
Avec 28,7 % des voix, le PSOE obtient cette fois 123 sièges au Congrès et la majorité absolue au Sénat. Après les années de crise économique, il recueille les bénéfices d'une hausse sensible du salaire minimum espagnol. Encore empêtré dans le scandale de corruption Gürtel, le Parti populaire de Pablo Casado s'écroule, n'obtenant que 16,7 % des voix, soit moitié moins de sièges au Congrès (66 députés au lieu de 137) que lors de la précédente législature. Avec 15,9 % des voix, le parti libéral Ciudadanos devient le troisième parti espagnol, obtenant 52 sièges et devançant la coalition Unidos Podemos qui, avec 14,3 % des voix, perd une trentaine de sièges (42 au lieu de 71). Le parti d'extrême droite Vox fait son entrée au Parlement espagnol et obtient 24 sièges, soit 10,3 %, même si ce score est plus faible que celui estimé par les sondages préélectoraux. Les partis indépendantistes basques et catalans recueillent 25 sièges.
Le PSOE va désormais entrer en négociation avec d'autres partis, à gauche de l'échiquier politique ou au centre, dans le but de former un gouvernement de coalition stable.
Malgré l'absence de budget 2019, la situation économique demeure favorable en Espagne. Cet État membre a réduit son déficit public de 3,1 % à 2,5 % du PIB entre 2017 et 2018, tandis que la dette publique a poursuivi sa décrue, passant de 98,1 % à 97,1 % du PIB en un an. Le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a récemment indiqué au quotidien El País qu'en cas de baisse durable du déficit prévue en 2019 et 2020, la procédure pour déficit excessif ouverte à l'encontre de Madrid serait abrogée. (Mathieu Bion)